Cyberattaque : le fisc annonce une « troisième fuite » liée aux successions
Le ministre de l’Action et des Comptes publics, David Amiel, a présenté des excuses le mardi 18 août pour le piratage du fisc, alors que l’administration a reconnu une « troisième fuite » concernant des données moins sensibles liées aux successions, qui a été rapidement « coupée ».
« Oui, nous nous excusons, parce que ce qui est arrivé est insupportable pour les Français », a déclaré David Amiel lors d’une conférence de presse à Bercy, faisant référence à un piratage d’envergure de la Direction générale des finances publiques (DGFIP) ayant entraîné le vol des données personnelles d’environ 700 000 particuliers et entreprises.
La directrice générale de la DGFIP, Amélie Verdier, a également reconnu mardi cette nouvelle fuite, identifiée par les services de l’État, qui ne présente pas la même ampleur que les précédentes. Selon elle, les informations exposées sont moins sensibles et similaires à celles figurant dans des « annonces légales » publiques.
David Amiel a souligné l’importance d’accueillir les usagers inquiets pour leurs données avec le « plus grand respect », suite à une polémique déclenchée par une réponse inappropriée d’un agent du fisc sur un réseau social.
Une enquête ouverte
David Amiel a reconnu que les systèmes d’information du fisc comportent des faiblesses et a évoqué plusieurs mes à mettre en œuvre, notamment la lutte contre la compromission des comptes des agents et un renforcement de la formation en cybersécurité. Il a également demandé à tester les systèmes avec des intelligences artificielles sous contrôle.
La DGFIP avait confirmé le 14 août deux intrusions, survenues fin juin et fin juillet, entraînant le vol de données concernant au moins 678 000 particuliers et professionnels, ainsi que 200 000 comptes dans ses fichiers cadastraux. Le parquet de Paris a ouvert une enquête pour « extraction frauduleuse de données » et « association de malfaiteurs ».
Lundi, l’administration a commencé à contacter plus de 350 000 particuliers concernés pour les sensibiliser aux risques d’hameçonnage et d’usurpation d’identité. Le groupe de pirates a affirmé avoir vendu les données dérobées, soulevant des questions sur l’efficacité des contrôles de l’administration.
Cette affaire pourrait avoir des répercussions politiques à l’approche de la rentrée et des discussions budgétaires, avec des sénateurs socialistes demandant une commission d’enquête parlementaire, faisant également référence à une autre fuite de données ayant affecté Bercy.
(Source : La Croix)



