Cyberattaque des impôts en France : la faille informatique soulève des questions de moyens.

Cyberattaque des impôts : derrière la faille informatique, la question des moyens

Cyberattaque des impôts : derrière la faille informatique, la question des moyens

En deux ans, les cyberattaques contre la Direction générale des Finances publiques (DGFiP) ont augmenté de 170 %, passant de 2 579 en 2023 à 6 972 en 2025. Ces incidents ciblent des « données d’une sensibilité critique », selon les termes de la direction. La question se pose : la DGFiP dispose-t-elle encore des ressources humaines et techniques nécessaires pour faire face à cette menace croissante ?

Depuis janvier, la DGFiP a connu une série d’incidents informatiques, incluant des ordinateurs bloqués et des données bancaires consultées frauduleusement. La CGT Finances publiques a tiré la sonnette d’alarme dès mars 2026, soulignant qu’il n’existe pas de solution miracle et qu’il est impératif d’allouer des moyens humains supplémentaires.

Fanny De Coster, secrétaire générale de la CGT, a également évoqué la « dette informatique » accumulée au sein des Finances publiques, pointant le manque de moyens budgétaires pour développer la sécurité informatique. Bien que la formation des agents soit essentielle, la cybersécurité ne peut reposer uniquement sur leurs épaules. La direction admet que la protection des données requiert des ressources techniques et humaines, une revendication soutenue par la CGT.

Cette fragilité informatique s’inscrit dans un contexte plus large d’évolution des moyens de la DGFiP. Depuis 2008, près d’un tiers des emplois de titulaires ont été supprimés, avec 32 596 postes disparus, représentant 29 % des effectifs. La CGT a prévenu que ces suppressions d’emplois et les restrictions budgétaires entravent l’action publique et détériorent les conditions de travail des agents.

Sécuriser les données nécessite également des compétences spécifiques. Face aux salaires proposés dans le secteur privé, la fonction publique peine à recruter et à fidéliser les spécialistes nécessaires. La CGT appelle à une revalorisation des carrières pour restaurer l’attractivité des concours.

Bien que la DGFiP continue d’investir dans l’informatique, ces investissements semblent davantage orientés vers l’efficience que vers la sécurisation des systèmes. Fanny De Coster a déclaré que les investissements actuels ne sont pas à la hauteur des enjeux, plaidant pour que la cybersécurité devienne une priorité au niveau de l’État.

La protection des données des contribuables est essentielle, et l’État a la responsabilité de garantir cette protection. Pour ce faire, les agents doivent disposer des moyens humains, techniques et financiers nécessaires, car la protection des usagers et le bon fonctionnement du service public sont indissociables.

Source : CGT Finances publiques, Schéma directeur du numérique 2026, rapport de la DGFiP.

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