Cyber-risque : menace systémique pour la continuité opérationnelle en Europe
Une étude récente réalisée par HarfangLab, fondée sur une enquête auprès de 750 dirigeants d’entreprises européennes (France, Allemagne, Belgique, Pays-Bas, Autriche, Italie) de plus de 250 employés, désigne le cyber-risque comme la menace la plus préoccupante pour la continuité opérationnelle, surpassant l’instabilité géopolitique et les pénuries de compétences.
L’impact financier d’un incident cyber est immédiat : près de 48 % des entreprises estiment qu’un tel incident pourrait affecter leurs revenus dès le jour même. Les dirigeants estiment qu’il faudrait en moyenne 4,32 jours pour retrouver une activité normale, un chiffre qui pourrait paraître optimiste à ceux ayant déjà géré des incidents complexes, comme les attaques par rançongiciel.
Malgré cette prise de conscience des menaces, la réponse organisationnelle demeure fragmentée. En effet, 75 % des dirigeants se disent confiants dans la capacité de leur organisation à répondre à une cyberattaque, mais cette confiance ne se traduit pas par une appropriation claire du risque. La responsabilité de la cybersécurité est dispersée : 33 % des répondants désignent le DSI, 27 % le RSSI et 23 % le PDG. Plus de la moitié des dirigeants considèrent la cybersécurité comme un problème informatique plutôt que comme une question stratégique.
En France, seulement 12 % des répondants estiment que le PDG est responsable des incidents de cybersécurité, tandis que 40 % pointent du doigt le DSI et le RSSI. L’adoption croissante de l’intelligence artificielle (IA) accentue ce décalage avec les cadres de gouvernance, car 51 % des investissements en IA sont orientés vers la productivité et l’expérience client, contre 41 % pour la cybersécurité.
Alors que moins de 46 % des entreprises exigent une revue de sécurité avant de déployer des outils d’IA, la pression réglementaire augmente. 75 % des dirigeants estiment que la réglementation renforce la responsabilité au niveau du conseil d’administration et 59 % craignent d’être tenus personnellement responsables d’incidents.
Les tensions géopolitiques et la dépendance aux fournisseurs technologiques internationaux révèlent des vulnérabilités systémiques. 41 % des dirigeants reconnaissent les risques associés à ces fournisseurs, mais seulement 9 % priorisent activement les fournisseurs européens pour atténuer ce risque. L’étude souligne la nécessité d’intégrer les risques technologiques et géopolitiques dans les stratégies de continuité des organisations.
Source : HarfangLab.
