Cumul de mandats : Eric Coquerel affirme que les indemnités sont trop faibles pour les adjoints au maire.

: Vrai ou faux Cumuler un mandat d'adjoint au maire et un emploi se fait-il vraiment

Cumuler un mandat d’adjoint au maire et un emploi : Vrai ou faux ?

Le député de La France insoumise et président de la commission des finances de l’Assemblée nationale, Eric Coquerel, a défendu le maire de Saint-Denis, Bally Bagayoko, dans le cadre d’une enquête du Parquet national financier concernant son emploi à la RATP. Coquerel a affirmé que cumuler un mandat d’adjoint au maire et un emploi se fait « partout » à cause des « indemnités trop faibles ».

Cadre légal et pratique

Cumuler un mandat d’adjoint au maire et un emploi n’est pas en soi illégal. Le droit français autorise explicitement les élus municipaux à conserver leur activité professionnelle. Les maires, adjoints et conseillers municipaux bénéficient de crédits d’heures et d’autorisations d’absence pour concilier leur mandat avec leur emploi. De plus, les élus peuvent choisir de suspendre leur activité professionnelle pour se consacrer pleinement à leur fonction élective.

L’Association des maires de France (AMF) souligne que cumuler un emploi dans la fonction publique territoriale et un mandat électif est une option pour de nombreux élus locaux.

Statistiques sur le cumul

Les données du Répertoire national des élus (RNE), géré par le ministère de l’Intérieur, montrent qu’environ 70 % des adjoints au maire sont enregistrés avec une profession active en 2026. Cette proportion grimpe à 85 % dans les villes de plus de 100 000 habitants, comme Saint-Denis.

Cependant, ces chiffres sont déclaratifs et ne permettent pas de savoir si ces professions sont effectivement exercées pendant le mandat. Ainsi, il est difficile de soutenir que ce cumul se pratique « partout », comme l’affirme Eric Coquerel.

Indemnités des élus

Concernant les indemnités d’adjoint au maire, celles-ci varient selon la taille de la commune. Dans les petites communes, elles peuvent être modestes, autour de quelques centaines d’euros, alors que dans les grandes villes comme Saint-Denis, elles peuvent atteindre près de 2 713 euros brut par mois. Cela soulève des questions sur la capacité des élus à vivre uniquement de leur mandat, mais il serait erroné de généraliser cette situation à tous les adjoints.

Le parcours de Bally Bagayoko illustre ces disparités. En 2014, ses indemnités combinées à son emploi à la RATP lui rapportaient environ 61 000 euros brut par an, soit plus de 5 000 euros par mois. Après avoir perdu un mandat, son indemnité d’adjoint a grimpé de 1 577 euros à 3 183 euros brut par mois, et sa rémunération à la RATP a également augmenté.

Conclusion

Les déclarations d’Eric Coquerel sur le cumul de mandats et d’emplois soulèvent des questions complexes. Si le cadre légal permet ce cumul, la réalité financière des adjoints au maire varie considérablement selon les communes. Le cas de Bally Bagayoko illustre bien ces différences, sans pour autant fournir une réponse définitive sur la nécessité de cumuler un emploi et un mandat.

Source : Franceinfo

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