Sous blocus américain, Cuba privatise ses stations-service et ses ports pour sauver son économie

Sous blocus américain, Cuba privatise ses stations-service et ses ports pour sauver son économie

En réponse à une crise économique aiguë exacerbée par le blocus américain, Cuba a décidé d’ouvrir des pans entiers de son économie au secteur privé. Le gouvernement cubain a cédé la gestion des stations-service, des pharmacies, des installations portuaires, ainsi que de la collecte des déchets et des infrastructures touristiques et sportives à des entreprises privées. Cette décision fait partie d’un ensemble de 176 réformes adoptées en juin dernier, marquant un tournant significatif vers l’économie de marché dans un pays qui se revendique socialiste depuis près de soixante ans.

Une économie entièrement grippée

La situation économique de Cuba s’est détériorée de manière significative depuis 2019, en raison d’un commerce extérieur en déclin et d’un secteur touristique qui peine à retrouver ses niveaux d’avant la crise sanitaire. En 2026, le blocus pétrolier américain a entraîné des coupures d’électricité dramatiques, avec trois effondrements totaux du réseau électrique national sur une période de dix jours. L’administration Trump a également interdit tout investissement américain direct, limitant l’accès de Cuba aux circuits financiers internationaux.

Conséquences des réformes

Le plan de 176 mes est perçu comme le plus grand bouleversement économique depuis l’ère de Fidel Castro, visant à libéraliser les échanges et attirer des investissements étrangers. Les entreprises publiques vont se transformer en sociétés commerciales, bénéficiant d’une autonomie de gestion. Le secteur bancaire s’ouvre également, permettant l’agrément de banques privées et l’ouverture simplifiée de comptes en devises.

Les petites et moyennes entreprises (PME), réautorisées en 2021, sont les premières bénéficiaires de ces réformes. En quelques années, plus de 10 000 PME ont été créées, représentant une part significative du PIB et employant environ un tiers de la population active.

Limites des réformes

Malgré ces changements, le gouvernement cubain maintient le contrôle sur des secteurs clés tels que la santé, l’éducation, et les médias. La santé reste sous la responsabilité de l’État, assurée gratuitement par les hôpitaux publics, et l’éducation demeure exclusivement publique. Ces mes visent à faire porter le coût du réajustement sur des acteurs non étatiques tout en préservant la gratuité des services fondamentaux.

L’ouverture aux entreprises étrangères est également limitée par les sanctions américaines, qui freinent les investissements directs des firmes de l’Union européenne. Les opportunités d’investissement sont principalement accessibles aux groupes déjà implantés en Cuba.

Source : La Tribune

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