Les lumières s’éteignent à Cuba : la bataille diplomatique s’embrase à l’ONU
Cuba accuse les États-Unis de mener une « guerre multidimensionnelle » et un « siège énergétique » assimilable à un blocus naval, alors que le traditionnel débat annuel sur l’embargo américain prend une nouvelle tournure. En effet, depuis le début de l’année 2026, l’île fait face à une grave crise énergétique, marquée par des coupures de courant prolongées qui perturbent les transports, l’approvisionnement en eau potable et les soins dans les hôpitaux.
Le réseau électrique national s’est récemment effondré, plongeant près de dix millions d’habitants dans l’obscurité. Les autorités cubaines attribuent cette situation à un durcissement des sanctions américaines, qui auraient causé des pertes économiques record de 8 milliards de dollars entre mars 2025 et février 2026.
Depuis le retour de Donald Trump à la Maison Blanche, Washington intensifie ses pressions sur les pays et entreprises fournissant des hydrocarbures à Cuba, notamment le Venezuela et le Mexique. Cette stratégie, selon La Havane, ne se limite pas à un embargo commercial, mais représente une tentative délibérée d’asphyxie énergétique.
Le ministre cubain des affaires étrangères, Bruno Rodríguez Parrilla, a déclaré : « Le gouvernement des États-Unis mène contre Cuba une guerre multidimensionnelle, non conventionnelle, qui dure depuis près de sept décennies et qui est devenue encore plus cruelle ces sept derniers mois ». Il évoque des pénuries d’eau et de médicaments, ainsi qu’une hausse de la mortalité infantile, liées aux sanctions américaines.
De l’autre côté, les États-Unis dénoncent les actions de La Havane comme une manipulation visant à détourner l’attention de ses propres responsabilités. Un représentant américain a affirmé que « le véritable embargo cubain n’est pas celui que La Havane prétend subir », mais celui que le régime impose à son propre peuple en termes de libertés fondamentales.
La Russie a exprimé son soutien à Cuba, affirmant que les pénuries résultent des sanctions extraterritoriales américaines. Un diplomate russe a noté que les livraisons d’hydrocarbures ont « pratiquement cessé » depuis le début de l’année, à l’exception d’une aide humanitaire.
Depuis 1992, l’Assemblée générale de l’ONU adopte chaque année une résolution demandant la levée de l’embargo, mais cette année, le débat s’est intensifié autour de la crise énergétique, illustrant une confrontation renouvelée entre Washington et La Havane. Les États-Unis considèrent les coupures d’électricité comme une conséquence de la mauvaise gestion économique, tandis que Cuba dénonce une stratégie d’asphyxie énergétique orchestrée par les États-Unis.
Source : ONU Photos / Manuel Elías
