Cuba marque un virage historique vers l’économie de marché
L’Assemblée nationale de Cuba a adopté, le 18 juin, un programme de réformes économique majeur, visant à favoriser l’économie de marché sur l’île, marquée par une grave crise économique et une pression croissante de la part des États-Unis. Plus de 400 députés ont voté à l’unanimité sur 176 propositions touchant divers secteurs économiques, sous la présentation du Premier ministre, Manuel Marrero.
Les réformes abordent l’organisation des entreprises, tant privées qu’étatiques, ainsi que les domaines des banques, du tourisme, de l’agriculture, des investissements étrangers, des impôts, des salaires et du marché des changes. Selon l’économiste cubain Daniel Torralbas, ces mes représentent les réformes économiques les plus significatives depuis 1959.
Ouverture à l’investissement privé
Depuis la révolution de 1959, les grandes entreprises cubaines et étrangères avaient été nationalisées. Toutefois, en 2021, des petites et moyennes entreprises avaient été autorisées, faisant face à la crise actuelle. Aujourd’hui, plus de 10 000 de ces entreprises emploient environ un tiers de la population active. Les réformes récentes incluent la transformation des entreprises d’État en sociétés commerciales, l’autorisation d’entreprises privées de plus de 100 salariés, ainsi que l’ouverture à l’investissement étranger dans plusieurs secteurs.
Les Cubains pourront également posséder plusieurs entreprises privées et participer à des sociétés, tandis que les négociations salariales deviendront possibles au sein des entreprises.
Changements drastiques mais sans calendrier
Daniel Torralbas a qualifié ces transformations de « drastiques », bien qu’aucun calendrier n’ait été établi pour leur mise en œuvre. Le président Miguel Diaz-Canel a souligné que ces changements visent à corriger des erreurs tout en préservant le socialisme, sans remettre en cause le système politique dominé par le Parti communiste cubain.
Pression maximale de Donald Trump
Ces réformes arrivent dans un contexte de pression maximale exercée par l’administration Trump, qui a imposé un blocus pétrolier à Cuba. Ce blocus a aggravé une situation économique déjà critique, entraînant des pénuries de nourriture, de médicaments et des coupures d’électricité. Les États-Unis expriment leur souhait de voir un changement de modèle économique à Cuba, et le vice-président américain a évoqué la possibilité d’une meilleure relation si des décisions favorables sont prises par le gouvernement cubain.
Avec AFP
