Cuba approuve un virage historique vers l’économie de marché
Les députés cubains ont adopté à l’unanimité, le 18 juin dernier, un ensemble de réformes radicales soutenues par le Parti communiste et l’ancien dirigeant Raul Castro, marquant un tournant décisif vers l’économie de marché. Ces réformes visent à ouvrir une large partie de l’économie socialiste du pays à l’investissement privé, dans un contexte de survie face aux sanctions américaines punitives.
Si ce programme, qui comprend 176 réformes, est mis en œuvre tel qu’adopté, il représenterait le plus grand changement du modèle socialiste cubain depuis la révolution de 1959, réduisant ainsi l’interventionnisme de l’État dans l’économie.
Une économie refondée
Les mes adoptées touchent plusieurs secteurs de l’économie cubaine. Elles permettent le développement de l’immobilier privé, la transformation des entreprises publiques en sociétés commerciales privées, et l’entrée de banques privées, sous supervision étatique, dans le secteur financier, traditionnellement dominé par l’État. Pour la première fois, les entreprises privées seront autorisées à embaucher plus de 100 employés et à détenir plusieurs entreprises.
Ces réformes incluent également la possibilité de vendre des biens d’État à des particuliers ou à des entités juridiques, y compris des Cubains vivant à l’étranger, une avancée significative dans un pays où l’État a longtemps contrôlé la terre et l’industrie.
« Nous ne renonçons pas au socialisme »
Avant le vote, le président Miguel Diaz-Canel a affirmé que Cuba ne renonce pas au socialisme, soulignant que la discussion portait sur comment poursuivre le processus de construction socialiste face aux sanctions américaines. Le Premier ministre Manuel Marrero a ajouté que la mise à jour du modèle économique vise à améliorer la qualité de vie des Cubains et reconnait le marché comme un « instrument d’allocation efficace des ressources ».
Cependant, aucun calendrier n’a été précisé pour la mise en œuvre des réformes, et le système politique, dominé par le Parti communiste cubain, demeure inchangé.
Pressions américaines
Les réformes, longtemps discutées, sont devenues urgentes sous la pression des sanctions américaines qui ont exacerbé une crise économique déjà sévère. Ces sanctions ont conduit à des pénuries de nourriture, de carburant, d’eau potable et de médicaments, provoquant des coupures de courant généralisées. Cette situation critique a poussé de nombreuses entreprises étrangères à quitter l’île et a fortement impacté le secteur touristique, vital pour l’économie cubaine.
Les États-Unis, séparés de Cuba par seulement 150 kilomètres, ont exprimé leur intérêt pour un changement de modèle économique à Cuba. Le vice-président américain J.D. Vance a déclaré que des décisions intelligentes de la part de Cuba pourraient améliorer les relations bilatérales.
Source : L’Express