Alerte sur la crise psychiatrique : le CGLPL dénonce des conditions préoccupantes dans les UHSA
Les nouveaux rapports du Contrôleur général des lieux de privation de liberté (CGLPL) sur huit unités hospitalières spécialement aménagées (UHSA) révèlent des lacunes alarmantes dans la prise en charge psychiatrique des détenus. Ces rapports, publiés durant l’été 2025, soulignent un manque de moyens, un recours excessif à l’isolement, et des difficultés d’accès aux droits pour les patients.
Les UHSA, qui sont des services de psychiatrie au sein d’hôpitaux publics destinés aux personnes incarcérées, incluent des établissements situés à Lyon, Marseille, Nancy, Orléans, Rennes, Seclin, Toulouse et Villejuif. Le CGLPL met en lumière des « lacunes structurelles dues à la crise que traverse la psychiatrie », ainsi qu’une tension entre les exigences de sécurité et le respect des droits fondamentaux des patients. Un manque de personnel médical et soignant qualifié est particulièrement préoccupant, entraînant des services fonctionnant en « mode dégradé ».
Les rapports font également état de pratiques problématiques concernant l’isolement et la contention. Selon le CGLPL, ces mes sont souvent marquées par des conditions indignes et des durées excessives, accompagnées d’un manque de traçabilité. De plus, la présence d’escortes pénitentiaires lors des consultations médicales compromet le secret médical et le consentement éclairé des patients. L’accueil des mineurs dans ces unités est également jugé insuffisant, les jeunes étant souvent mélangés avec des adultes et n’ayant pas accès à une éducation adaptée.
Ces constats s’inscrivent dans un contexte plus large de crise psychiatrique déjà documentée, où le CGLPL a émis des alertes concernant d’autres établissements, comme l’infirmerie psychiatrique de la préfecture de police de Paris. Ces contrôles révèlent des conséquences néfastes sur le secteur psychiatrique, notamment des tensions sur les effectifs et des difficultés d’organisation.
Pour remédier à cette situation, le CGLPL appelle à des réponses structurelles. Il préconise de renforcer les moyens humains, d’améliorer la formation du personnel, et d’orienter l’organisation des UHSA vers une approche davantage centrée sur le soin. Cela est jugé indispensable pour garantir aux détenus souffrant de troubles psychiques un accès respectueux à des soins adaptés à leurs besoins.
Source : CGLPL



