Ceuta : une crise migratoire annoncée, un gouvernement pris de court
En moins de vingt-quatre heures, environ 60 000 personnes ont franchi la frontière de l’enclave espagnole de Ceuta, à pied et à la nage. Ce phénomène représente la crise migratoire la plus grave de l’histoire de cette ville autonome, survenant en coïncidence avec la fête du Trône marocaine. Malgré des avertissements préalables des services de renseignement, le gouvernement espagnol n’a pas anticipé cet afflux massif.
Des avertissements ignorés
Selon des sources militaires et civiles citées par The Objective, plusieurs rapports avaient alerté l’exécutif sur un potentiel afflux vers Ceuta et Melilla, signalant un possible « geste de magnanimité » du roi Mohammed VI. Le gouvernement aurait « systématiquement ignoré » ces mises en garde, malgré des signes clairs tels que l’arrivée inhabituelle d’autocars à Castillejos et des rassemblements de milliers de personnes. En dix jours, environ un millier de migrants avaient déjà atteint l’enclave par la mer.
Une réponse insuffisante
La situation a rapidement submergé les forces déployées à la frontière du Tarajal, où la Garde civile et la Police nationale n’ont pu que s’occuper des blessés. Des sources ont exprimé des regrets quant à l’absence de mobilisation immédiate de l’armée, alors que des garnisons étaient prêtes à Ceuta et Melilla.
Le précédent de 2021 et le rôle du Maroc
Des similitudes avec la crise de mai 2021, où 8 000 personnes avaient traversé la frontière après un relâchement de la surveillance marocaine, sont notées. Selon des agents, la gendarmerie marocaine est restée passive pendant que des centaines de personnes traversaient.
Un gouvernement sur la défensive
Face à cette situation, le ministère de l’Intérieur a déclaré que la collaboration avec Rabat était « exemplaire ». Le chef du gouvernement, Pedro Sánchez, a qualifié l’afflux d’« atteinte à l’intégrité territoriale de l’Espagne » et imputé la responsabilité aux « mafias » de la traite.
Retours et tensions européennes
Plus de 53 000 des migrants sont retournés volontairement au Maroc, les deux pays ayant convenu d’accélérer les retours. Cependant, environ 7 000 mineurs demeurent dans l’enclave, dont beaucoup, faute de nourriture, repartent d’eux-mêmes.
Pour l’avenir, Sánchez a annoncé des mes pour renforcer la sécurité de la frontière, notamment l’installation de bouées en mer. La crise a également des répercussions au niveau européen, avec des tensions autour de l’espace Schengen, l’Italie ayant annoncé la suspension de l’accord avec l’Espagne.
Source : d’après The Objective, « Informes de inteligencia alertaron al Gobierno de la oleada en Ceuta… », 1er août 2026. Infographie : AFP.


