La Bretagne en manque de crêpiers : une situation préoccupante
La Bretagne, terre de la crêpe, fait face à une pénurie alarmante de crêpiers. Selon des représentants de la profession, environ 50% des postes dans les crêperies seraient vacants, notamment à Lorient, dans le Morbihan.
Sur le port de Lorient, la crêperie de George Le Bleis, qui vend entre 500 et 600 crêpes par jour, se trouve dans une situation délicate. L’un de ses deux crêpiers quittera son poste à la fin du mois d’août, et le restaurateur n’a pas réussi à trouver un remplaçant. « J’ai des gens, à 13 heures, 14 heures, en plein service, qui ont quitté le poste. Ils ont dit : ‘C’est trop dur, je m’en vais' », témoigne le restaurateur, soulignant la difficulté de recruter des professionnels passionnés et formés.
Les conditions de travail en cuisine sont éprouvantes. Le rythme est rapide, les gestes répétitifs, et la chaleur constante, le billig atteignant entre 240 et 250 degrés. Fahad Sheikh, crêpier, confirme que bien que sa rémunération ait été augmentée pour le fidéliser, les salaires restent souvent bas, au niveau du Smic pour les débutants. À cela s’ajoutent des difficultés de logement, aggravant le manque de main-d’œuvre dans les établissements bretons.
Malgré l’existence de formations, comme celle d’une école rennaise qui a formé 15 000 apprentis depuis 37 ans, peu de jeunes semblent intéressés par des postes salariés. Jean-Luc Durand, formateur, indique que sur neuf stagiaires, seule une personne souhaite travailler en salariat, tandis que les autres préfèrent ouvrir leurs propres crêperies ou food trucks.
Le secteur appelle à une meilleure reconnaissance du métier et de son savoir-faire pour attirer de nouveaux talents.
Source : Franceinfo



