Bronzage, pollution, protection des coraux : Vrai ou Faux sur la crème solaire
Près d’un tiers des Français n’utilisent pas de crème solaire lorsqu’ils sont très exposés au soleil, selon une enquête annuelle d’OpinionWay pour la Fédération des entreprises de la beauté. Pourtant, près de neuf cancers de la peau sur dix sont causés par une exposition excessive aux rayons solaires. Les raisons invoquées incluent le désir de bronzer, le coût, l’aspect pratique et l’impact environnemental. Cet article examine plusieurs idées reçues concernant la crème solaire.
La crème solaire empêche-t-elle de bronzer ?
Non, la crème solaire n’empêche pas de bronzer, mais elle ralentit le processus. Le bronzage est une réaction naturelle de la peau face à l’agression du soleil. En appliquant une crème solaire, la peau est protégée des ultraviolets, ce qui réduit son besoin de se défendre par elle-même et, par conséquent, le bronzage se développe moins rapidement. Même avec un SPF 50, 2 % des rayons UVB peuvent passer, suffisant pour provoquer une pigmentation.
La crème solaire pollue-t-elle les mers et les océans ?
Oui, la crème solaire pollue les milieux marins. Une étude publiée en 2025 dans le Marine Pollution Bulletin indique qu’au moins un quart de la crème appliquée sur la peau se dissout dans l’eau lors de la baignade. Sur une plage fréquentée par mille personnes, plus de 35 kilos de crème solaire peuvent ainsi être déversés en mer chaque jour.
Impact sur la faune marine
Les agents solaires ont été retrouvés dans le sang de tortues caouannes juvéniles dans la mer Adriatique, selon une étude de 2020. Des corrélations ont également été établies entre des marqueurs d’inflammation chez ces tortues et les concentrations de filtres UV dans leur organisme. De plus, entre 6 000 et 14 000 tonnes de crème solaire se déversent chaque année sur les coraux, ce qui peut entraîner des dommages à leur ADN.
Les crèmes « reef-safe » sont-elles efficaces ?
La réponse dépend des formulations. Les crèmes minérales, à base d’oxyde de zinc ou de dioxyde de titane, sont jugées moins nocives pour les écosystèmes marins. En revanche, le National Ocean Service recommande d’éviter les crèmes contenant des composés chimiques comme l’oxybenzone et l’octinoxate, qui sont associés à des effets néfastes sur les coraux. Il est conseillé de vérifier attentivement les étiquettes, car l’appellation « reef-safe » n’est pas réglementée.
Conclusion
La crème solaire est essentielle pour protéger la peau des effets nocifs du soleil, mais elle pose également des défis environnementaux. La prise de conscience des impacts sur les écosystèmes marins doit inciter à une utilisation responsable et à la recherche de solutions alternatives.
Source : OpinionWay pour la Fédération des entreprises de la beauté, Marine Pollution Bulletin


