Ces lois qui ont fait votre été : la création des autoroutes
Cet été, sur les routes de France, la question de la création des autoroutes peut se poser pour de nombreux vacanciers. La loi relative à leur statut remonte à 1955, un moment clé dans l’histoire des infrastructures routières françaises.
La première étude sur les autoroutes débute dans les années 1920, sous l’égide de l’urbaniste Henri Prost, qui envisageait de relier Paris à la Normandie, notamment aux ports du Havre et de Cherbourg. Bien que ces projets aient été déclarés d’utilité publique en 1935, les travaux sont interrompus par la Seconde Guerre mondiale. Ce n’est qu’en 1946 que l’autoroute reliant Saint-Cloud à Orgeval est entièrement ouverte à la circulation.
La prolongation de cette première autoroute, l’A13, se poursuit dans les années 1960 et s’achève en 1977. En avril 1955, alors que le réseau autoroutier français est en plein essor, le projet de loi « portant statut des autoroutes » est adopté sous la présidence de René Coty. Ce texte, initié par Antoine Pinay, ministre des Travaux publics et des transports, établit un cadre juridique pour la construction des autoroutes, prévoyant le recours à la concession et l’introduction de péages.
L’article 1 de la loi précise que le régime des autoroutes s’applique aux voies routières à destination spéciale, sans croisements, accessibles uniquement à des points aménagés. L’article 4 indique que « l’usage des autoroutes est en principe gratuit », mais que l’État peut concéder la construction et l’exploitation d’une autoroute.
Le sujet de la gratuité a suscité un débat entre les partis politiques, la droite plaidant pour des péages afin de financer les constructions, tandis que la gauche défendait l’égalité d’accès. La première société d’autoroutes, la société Autoroutes Esterel-Côte d’Azur (Escota), est fondée en 1956 pour réaliser l’A8, qui sera inaugurée le 1er juillet 1961. Cette autoroute, reliant Puget-sur-Argens à Mandelieu-la-Napoule, est la première à être payante en France.
Aujourd’hui, le réseau autoroutier français s’étend sur près de 12 000 km, dont plus de 9 000 km sont concédés à des sociétés privées telles que Vinci Autoroutes, Eiffage ou Sanef. Ce développement a transformé les déplacements en France, facilitant l’accès aux diverses régions du pays.
Source : LCP


