Les premiers coupables, ce sont les parents
Amélie-les-Bains – Deux enfants, âgés de 10 et 13 ans, ont incendié une salle communale dans la nuit du 27 au 28 juillet 2026. Suite à cet incident, la maire Marie Costa a décidé d’instaurer un couvre-feu pour les mineurs de moins de 15 ans, en vigueur jusqu’au 1er septembre.
L’incendie a ravagé le « Mille Club des Jeunes », un équipement public, et les sapeurs-pompiers ont dû intervenir rapidement pour éviter que le feu ne se propage au massif forestier environnant. Les deux jeunes, interpellés par la police municipale, sont décrits par la maire comme des « jeunes normaux, sans antécédents ». Marie Costa a souligné une « fascination pour le feu » observée cet été, évoquant une sorte de « pyromanie d’ambiance ».
Pour prévenir de futurs incidents, un arrêté a été publié le 30 juillet, interdisant aux mineurs de circuler sur la voie publique entre 23 heures et 6 heures sans la présence d’un adulte. Les contrevenants seront ramenés chez eux ou au commissariat, et leurs parents s’exposeront à une amende. La maire justifie cette me en indiquant que « l’éventail de sanctions envers les mineurs de cet âge est restreint, mais il faut des coups de semonce ».
Dans la commune, l’initiative est largement soutenue. Un riverain a déclaré : « À 10 ans, on ne laisse pas des enfants dehors dans la nuit. Les premiers coupables, ce sont les parents. »
Ce fait divers s’inscrit dans un contexte national préoccupant. Selon le secrétaire d’État à l’Intérieur, Laurent Nunez, 120 des 308 personnes interpellées pour des départs de feu en France depuis fin juin 2026 sont des mineurs. La maire a également signalé une recrudescence d’incivilités dans la région, incluant des feux de poubelles et du vandalisme, souvent perpétrés par des jeunes.
Marie Costa a exprimé son inquiétude face à une « irresponsabilité générale », mentionnant des incidents récents, tels que des feux allumés par des campeurs et des mégots jetés depuis des trottinettes. « Quand on voit la sécheresse, on a presque un temps du Sahel. À la moindre étincelle, cela prend des proportions inquiétantes, » a commenté un habitant.
La question de la légalité de cet arrêté demeure, un précédent couvre-feu instauré par la mairie ayant été annulé par la justice après une contestation de la Ligue des Droits de l’Homme.
Source : France 3 Occitanie


