Coupe du Monde 2026 : Mondial à 48 équipes, le business de trop pour la FIFA ?
Le 11 juin, la Coupe du Monde de football a officiellement débuté aux États-Unis et au Mexique, marquant l’inauguration d’une nouvelle formule avec 48 équipes participantes. Ce changement, annoncé par le président de la FIFA, Gianni Infantino, en 2017, vise à permettre à un plus grand nombre de pays de participer à la compétition. Historiquement, le nombre d’équipes a augmenté depuis la première édition en 1930, passant de 13 à 32 depuis 1998. Ce palier était censé être définitif jusqu’à la décision d’Infantino de modifier les règles.
Sur le plan sportif, cette nouvelle formule réjouit certaines nations qui n’avaient que peu de chances de se qualifier auparavant, telles que le Cap-Vert, Curaçao, l’Ouzbékistan et la Jordanie, qui disputent leur première Coupe du Monde. D’autres, comme la République Démocratique du Congo, retrouvent la compétition après 52 ans d’absence.
Cependant, ce changement est également perçu comme une manœuvre financière et politique. Infantino espère renforcer son soutien à la FIFA, en vue de briguer un troisième mandat en 2027. Selon Jean-Baptiste Guégan, spécialiste en géopolitique du sport, « une Coupe du Monde à 48 équipes signifie potentiellement 48 nations derrière vous, alors qu’il faut environ une centaine de voix pour rester à la tête de la FIFA ».
L’élargissement à 48 équipes implique également une augmentation significative du nombre de matches, passant de 64 à 104. Cela pourrait générer des recettes record pour la FIFA, estimées à 11 milliards de dollars, un chiffre qui double par rapport aux 6,3 milliards de dollars générés lors de la précédente édition au Qatar.
L’organisation de ce tournoi à grande échelle exige également plus d’infrastructures, comme des stades, des hôtels et des centres d’entraînement. Infantino a encouragé les candidatures communes pour accueillir l’événement, ce qui a abouti à la victoire des États-Unis, du Mexique et du Canada lors du vote de 2018. Sur les 16 villes hôtes, 11 se situent aux États-Unis, où se dérouleront également les matches les plus importants, y compris la finale prévue à New York.
Cette attribution est aussi influencée par le contexte du scandale du « Fifagate », qui a conduit à une enquête sur la corruption au sein de la FIFA. Infantino, nouvellement élu, a cherché à renouer les liens avec les États-Unis, un pays qui avait été écarté des éditions de 2018 et 2022. Dans ce cadre, l’attribution de la Coupe du Monde 2026 aux États-Unis a été perçue comme une manière de répondre à la pression politique et judiciaire.
Enfin, la relation entre Gianni Infantino et Donald Trump, qui a été mise en avant lors de la cérémonie d’investiture de Trump, illustre le rapprochement entre la FIFA et les États-Unis. Infantino est devenu un acteur clé dans les relations diplomatiques du football mondial, cherchant à s’associer avec des chefs d’État influents.
En vue d’un troisième mandat, Infantino envisage même d’étendre la Coupe du Monde à 64 ou 66 équipes pour des éditions futures, illustrant ainsi une tendance à l’expansion qui pourrait transformer le paysage du football international.
Source : Le Progrès, 2026
