Coupe du monde 2026 : à Kinshasa, tout un peuple se prépare au retour des Léopards après 52 ans d’absence
Entrée en lice de la République démocratique du Congo ce mercredi dans la Coupe du monde 2026. Les joueurs congolais doivent affronter à Houston, aux États-Unis, l’équipe du Portugal. Une belle affiche qui marque le début d’un retour dans la compétition attendu depuis 52 ans à Kinshasa. La capitale congolaise s’apprête à vivre les prochains jours aux couleurs de la sélection nationale.
Publié le : 17/06/2026 – 09:18
Modifié le : 17/06/2026 – 11:25
Temps de lecture : 5 min
De notre correspondante à Kinshasa, Paulina Zidi
Les Léopards en Coupe du monde, un événement que Pitshou et beaucoup de ses compatriotes n’ont jamais connu. Pour la première fois depuis 1974, l’équipe nationale congolaises s’apprête à faire son retour sur la scène mondiale. L’émotion sera palpable lorsque l’hymne national retentira au stade de Houston.
Pitshou suivra le match en terrasse, entouré de sa famille et de ses amis. « Les entreprises de brasseries locales ont fourni des générateurs aux bars pour que la retransmission ne soit pas interrompue par une panne d’électricité », explique-t-il.
Les Kinois se sont engagés à se rassembler devant leurs écrans pour suivre cette rencontre, la seule diffusée en journée pour l’équipe congolaise. D’autres matchs auront lieu tard dans la nuit, mais cela n’empêchera pas les supporters de rester éveillés. « Cela fait trop longtemps que l’on attend de voir le Congo en Coupe du monde », affirme Michel, un autre supporter.
Une ville aux couleurs des Léopards
Depuis la qualification des Léopards, le 31 mars 2026, Kinshasa vit au rythme de la sélection nationale. Une fête a été organisée après leur qualification lors des barrages intercontinentaux, et le gouvernement a même décrété un jour férié le 1er avril pour célébrer cet événement.
Des affiches soutenant l’équipe, dirigée par le sélectionneur français Sébastien Desabre et le capitaine Chancel Mbemba, fleurissent dans les rues. Généreuse, une fan, souligne l’importance de porter l’imprimé léopard, connu sous le nom de « tache-tache » ou « nkoyi » en Lingala, le jour du match.
Plusieurs églises de la ville ont installé des écrans géants pour permettre aux fidèles de prier ensemble pour la victoire. Certaines ont avancé l’heure de la messe pour que tout le monde puisse regarder le match.
Un contexte marqué par des crises
Malgré l’effervescence, la République démocratique du Congo est confrontée à de multiples crises, notamment sanitaire, sécuritaire et politique. L’épidémie de la maladie à virus Ebola a assombri la fête, et les frontières des pays hôtes (États-Unis, Mexique et Canada) ont été fermées aux ressortissants de la RDC, empêchant de nombreux supporters de se rendre au tournoi.
Les tensions politiques sont également palpables, avec des débats autour d’une modification de la Constitution. Un rassemblement de l’opposition a été réprimé récemment, mais les leaders politiques, malgré leurs divergences, afficheront leur soutien à l’équipe nationale lors du match.
La passion du football comme unifiant
La situation sécuritaire à l’est du pays, marqué par des conflits, ne diminue pas l’enthousiasme des supporters. « Le football est l’une des choses qui nous unit », déclare Roland. Il est convaincu que tout le pays sera derrière les joueurs, soutenus également par leurs voisins, notamment ceux de Brazzaville.
Les Congolais expriment un besoin de rêver, en dépit des crises. Dans les rues, l’admiration pour les joueurs est omniprésente. « Ils sont les mieux sapés », note Prudence, une collégienne, en référence à la tenue officielle de l’équipe, un costume noir avec une bande imprimée léopard, symbole d’unité et de fierté nationale.
Source : RFI
