Côte d'Ivoire: autour du parc de la Comoé, un contexte économique et social fragile [3/3] - Reportage Afrique

Côte d’Ivoire : Autour du parc de la Comoé, un contexte économique et social fragile

Troisième et dernier épisode de notre série autour du parc de la Comoé, dans le nord de la Côte d’Ivoire. La question se pose : les activités économiques des communautés locales sont-elles suffisantes pour les protéger des activités illicites ?

Ama Ouattara, pêcheur, exprime ses difficultés depuis la reprise en main du parc de la Comoé. Il travaille désormais dans un barrage où les frais de pêche sont élevés et les ressources halieutiques en forte diminution : « Ici, il n’y a pas de poisson. Si ce n’est pas de la carpe, il n’y a aucun autre poisson ici. Alors que dans la zone du parc, il y a beaucoup de poissons. »

Selon des données de la Banque mondiale, le Bounkani est l’une des régions les plus vulnérables de la Côte d’Ivoire, affichant un taux de chômage chez les jeunes dépassant les 40 %. Face à cette situation, de nombreux jeunes abandonnent l’agriculture, jugée peu rentable, pour se tourner vers des activités plus lucratives, comme l’orpaillage. Mamadi Sidibé, président du Conseil national des jeunes de Doropo, souligne que le succès social se me par des critères matériels visibles, tels qu’une maison ou un véhicule.

Un gisement aurifère de plus de 100 tonnes a récemment été découvert, devant être exploité par une société étrangère. Ce développement suscite à la fois espoir et frustration parmi les jeunes, qui se tournent souvent vers des entreprises locales reconnues par l’État. Le sujet de l’orpaillage reste néanmoins délicat, peu de jeunes osant en discuter ouvertement. Mamadi Sidibé, se déclarant menuisier, indique que même s’il ne pratique pas l’orpaillage directement, il en bénéficie indirectement en fournissant des services de menuiserie.

Pour évaluer la fragilité économique et sociale de ces communautés, plusieurs organisations travaillent sur un indice qui me divers aspects, y compris la cohésion sociale et la sécurité. Le docteur Nourredine Oréyolé, coordinateur technique de la Commission nationale des frontières, explique que cet indice permet de déterminer la résilience des populations locales et de prévenir l’extrémisme.

Les défis persistent, notamment la gestion des conflits entre éleveurs et agriculteurs, ainsi que la criminalité transfrontalière, qui demeurent des préoccupations majeures pour les autorités locales.

Source : RFI

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