Dark Energy Déboulonné ? Une Nouvelle Analyse Remet en Question l’Accélération Cosmique
Une récente analyse dirigée par des chercheurs de l’Institut Tata de Recherche Fondamentale à Mumbai, en collaboration avec le professeur Subir Sarkar de l’Université d’Oxford, remet en question une des idées centrales de la cosmologie moderne : l’expansion accélérée de l’univers due à l’énergie noire associée au vide quantique. Leur lettre, publiée dans les Monthly Notices of the Royal Astronomical Society, soutient que les preuves de l’accélération cosmique pourraient ne pas être aussi solides que largement admis. Cette conclusion fait l’objet de débats. Dans le même numéro du journal, un autre article coécrit par le professeur Maria Vincenzi, également à l’Université d’Oxford, conclut que les observations continuent de soutenir un univers en accélération.
Réexamen de Plus de 1 700 Supernovae
Le professeur Sarkar, du Centre Rudolf Peierls pour la Physique Théorique à Oxford, a collaboré avec Animesh Sah et Mohamed Rameez de l’Institut Tata pour revisiter l’une des collections de données d’observation les plus importantes en cosmologie. Leur analyse s’est concentrée sur Pantheon+, un ensemble de données contenant des observations de plus de 1 700 supernovae de type Ia. Depuis plus de 25 ans, les astronomes se sont appuyés sur ces étoiles explosant pour suivre l’expansion de l’univers au fil du temps. Les mes des supernovae de type Ia ont été essentielles à la découverte que l’expansion de l’univers semble s’accélérer, une avancée reconnue par le prix Nobel de physique en 2011.
Les chercheurs ont examiné les observations de Pantheon+ en intégrant une correction récemment proposée liée à l’âge des étoiles qui produisent finalement les explosions de supernovae de type Ia. Ils ont également étudié si l’accélération apparente était uniforme dans toutes les directions, comme le suppose le modèle cosmologique standard.
Un Univers Qui Pourrait Ralentir
Après avoir appliqué la correction d’âge stellaire, les chercheurs ont constaté que les observations ne favorisaient plus un univers en accélération uniforme. Leur analyse indique plutôt que, dans l’ensemble, l’expansion cosmique pourrait ralentir plutôt que s’accélérer.
L’équipe a également examiné si l’accélération apparente pouvait être anisotrope, c’est-à-dire si l’effet variait selon la direction de la me. Un tel résultat contredirait l’hypothèse cosmologique standard selon laquelle l’univers se comporte de manière similaire dans toutes les directions à grande échelle. Sarkar et ses collègues soutiennent que si l’accélération apparente est directionnelle, l’énergie noire ne pourrait pas en être responsable.
Les Cosmologistes Restent Divisés
Ces découvertes remettent en question la vision dominante selon laquelle l’univers continue de s’étendre à un rythme accéléré, conclusion associée à la découverte récompensée par le prix Nobel il y a plus de deux décennies. Cependant, d’autres chercheurs examinant la même question plus large ont atteint une conclusion différente. Un article publié dans le même numéro du journal, coécrit par le professeur Maria Vincenzi, argue que les preuves disponibles soutiennent toujours une accélération cosmique continue.
Observations Futures au Rubin Observatory
Les deux interprétations seront bientôt mises à l’épreuve par des tests d’observation beaucoup plus larges. Les données du Legacy Survey of Space and Time (LSST) du Rubin Observatory devraient fournir des mes de centaines de milliers de supernovae. Cet échantillon énorme devrait offrir aux cosmologistes une opportunité puissante de tester si l’univers est réellement en accélération, si l’effet apparent varie avec la direction, et quel rôle, le cas échéant, l’énergie noire joue dans l’expansion du cosmos.
Source : Monthly Notices of the Royal Astronomical Society

