Cortisone : usages médicaux et risques associés dans le traitement des inflammations.

Efficace mais redoutée : à quoi sert la cortisone et quels sont ses risques ?

Efficace mais redoutée : à quoi sert la cortisone et quels sont ses risques ?

Beaucoup de patients hésitent avant d’entamer un traitement à la cortisone. Le mot inquiète, parfois à tort, parfois à raison. Cette molécule soigne pourtant des millions de personnes chaque année, de l’asthmatique qui peine à respirer au sportif victime d’une tendinite récalcitrante. Découverte à la fin des années 1940 par des chercheurs de la Mayo Clinic, elle a valu à ses inventeurs un prix Nobel et a longtemps été présentée comme un remède quasi miraculeux contre l’inflammation.

La cortisone reste souvent mal comprise : hormone naturelle produite par nos glandes surrénales, elle existe aussi sous forme de médicament, prescrit en comprimés, en injections, en crème ou en spray. Entre bénéfices réels et craintes parfois exagérées, un mythe persiste : celui d’un traitement à double tranchant, salvateur à court terme mais redouté sur la durée. Cet article fait le point, sources médicales à l’appui, sur son fonctionnement, ses usages et les précautions à connaître avant, pendant et après un traitement.

Cortisone, cortisol, corticoïdes : de quoi parle-t-on exactement ?

Les trois termes se confondent souvent dans le langage courant, alors qu’ils désignent des réalités distinctes. Le cortisol est l’hormone principale sécrétée par les glandes surrénales, régulant la réponse au stress et le métabolisme. La cortisone, quant à elle, désigne une forme proche, transformée par le foie en cortisol actif. Avec le temps, le mot a fini par englober l’ensemble des corticoïdes de synthèse utilisés en thérapeutique, comme la prednisone ou la prednisolone.

Ces molécules agissent en pénétrant dans les cellules, où elles se fixent sur des récepteurs modifiant l’expression de certains gènes. Résultat : la production de substances pro-inflammatoires diminue, tandis que d’autres mécanismes de régulation s’activent. C’est cette action, à la fois anti-inflammatoire et immunomodulatrice, qui explique leur efficacité dans un nombre impressionnant de pathologies. Contrairement à une idée reçue, un corticoïde ne guérit pas la maladie sous-jacente ; il en calme les symptômes.

Les cas pour lesquels la cortisone est prescrite

Les corticoïdes sont utilisés pour traiter des conditions variées, notamment la polyarthrite rhumatoïde, l’asthme, les maladies inflammatoires de l’intestin, diverses allergies et de nombreuses maladies auto-immunes. Ils interviennent également après une greffe d’organe pour limiter le risque de rejet et sont intégrés dans certains protocoles de traitement du cancer.

La forme du médicament dépend de la zone à traiter : un comprimé agit sur l’ensemble de l’organisme, tandis qu’une crème cible un eczéma ou un psoriasis localisé. Les corticoïdes existent sous plusieurs formes courantes, notamment :

  • Comprimés ou sirops pour les inflammations systémiques.
  • Inhalateurs et sprays nasaux pour l’asthme et les allergies respiratoires.
  • Crèmes et pommades pour les affections cutanées.
  • Collyres en cas d’inflammation oculaire.

La durée du traitement varie selon le diagnostic, allant de quelques jours pour une poussée d’asthme à plusieurs mois pour des maladies comme le lupus ou la maladie de Crohn.

Injection de cortisone : quand et pourquoi y avoir recours ?

L’injection de cortisone, ou infiltration, cible directement l’endroit douloureux. Ce geste combine un corticoïde à action prolongée et un anesthésique local, procurant un soulagement rapide. Ce traitement est recommandé dans des conditions telles que l’arthrose, la polyarthrite rhumatoïde ou la tendinite. Toutefois, le nombre d’infiltrations est limité à trois ou quatre par an pour une même articulation, avec un intervalle minimal de plusieurs semaines entre deux séances.

Effets secondaires des corticoïdes

Les effets indésirables des corticoïdes dépendent de la dose administrée et de la durée du traitement. Un traitement court à dose modérée expose à peu de complications. En revanche, un usage prolongé à forte dose peut entraîner des effets tels qu’une prise de poids, une rétention d’eau, une élévation de la glycémie, un amincissement de la peau ou une fragilisation osseuse pouvant aller jusqu’à l’ostéoporose. Le système immunitaire affaibli rend également les patients plus vulnérables aux infections.

Il est essentiel de ne jamais interrompre brutalement un traitement corticoïde suivi depuis plusieurs semaines, car cela peut entraîner une insuffisance surrénalienne, un état qui peut, dans les cas graves, engager le pronostic vital. La réduction de la dose doit toujours être progressive, sur plusieurs semaines ou mois.

Pour minimiser les risques, il est recommandé de respecter la posologie prescrite, de limiter les apports en sel, de surveiller sa glycémie en cas de diabète et de ne jamais associer d’autres médicaments sans avis médical. Un suivi régulier, incluant un bilan ophtalmologique et une évaluation de la densité osseuse, permet de détecter précocement toute complication.

Source : Article basé sur des informations médicales et des études récentes.

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