(Séoul) Arrestation du dirigeant de l’Église de Shincheonji pour recrutements politiques forcés
Le dirigeant de l’Église de Shincheonji, un mouvement religieux sud-coréen, a été placé en détention, soupçonné d’avoir contraint des milliers d’adeptes à adhérer à un parti politique, selon un communiqué d’un tribunal de Séoul consulté par l’AFP.
Ce mouvement, qui revendique des centaines de milliers de fidèles dans plus de 100 pays, fait également l’objet depuis avril d’une plainte d’anciens membres en France, les accusant de « violences physiques » et d’« emprise ».
Lee Man-hee, âgé de 94 ans, est accusé par la justice sud-coréenne d’avoir forcé plus de 50 000 fidèles à rejoindre le Parti du pouvoir du peuple (PPP), entre 2021 et 2024, en violation de la loi sur les partis politiques. Les faits auraient eu lieu durant la présidence de Yoon Suk-yeol, actuellement emprisonné pour avoir tenté d’imposer la loi martiale en décembre 2024.
Le mandat d’arrêt contre Lee Man-hee a été délivré « en raison du risque de destruction de preuves », a précisé le tribunal central de Séoul. Le mandat a été émis mercredi en fin de journée, et M. Lee a été immédiatement placé en détention. L’Église de Shincheonji a contesté cette demande, invoquant l’âge avancé de son dirigeant et affirmant qu’il avait coopéré à l’enquête.
Cette arrestation intervient quelques mois après que des procureurs ont mis en examen Han Hak-ja, la dirigeante de l’Église de l’Unification, suspectée d’avoir ordonné des pots-de-vin à Kim Keon Hee, l’épouse de Yoon Suk-yeol, pour obtenir des faveurs. En avril, l’ex-première dame a été condamnée en appel à quatre ans de prison pour corruption et manipulation boursière.
Une enquête conjointe entre le parquet et la police sur les soupçons de collusion entre groupes religieux et responsables politiques a été lancée en janvier. Fondée en 1984 par Lee Man-hee, l’Église de Shincheonji se concentre sur des interprétations spécifiques de la Bible, notamment le livre de l’Apocalypse, et ses méthodes de recrutement sont souvent décrites comme trompeuses. Ses membres avaient temporairement représenté plus de la moitié des cas de COVID-19 en Corée du Sud au début de la pandémie, suscitant une vive controverse.
Source : AFP
