La psychiatre Coraline Hingray :

La psychiatre Coraline Hingray : « Une victime dissociée ne sera jamais une bonne victime »

Plus de 5,5 millions de Français et Françaises ont subi des violences sexuelles durant leur enfance. Coraline Hingray, professeure en psychiatrie au CHU de Nancy, a créé un service hospitalier unique, la Maison de la Résilience, pour accueillir ces victimes souvent mal comprises. Ce centre se consacre à celles qui ne se souviennent pas, qui se contredisent, ou qui n’ont pas porté plainte, et qui sont souvent perçues comme des menteuses ou des manipulatrices.

La dissociation, un mécanisme de protection face à des traumatismes, est au cœur des problématiques rencontrées par ces victimes. Hingray explique que ce processus permet aux individus de se détacher de la réalité insupportable, mais peut également mener à des troubles dissociatifs persistants. Elle souligne : « Une victime dissociée ne sera jamais une bonne victime, car les symptômes qu’elle développe font qu’elle est souvent mal interprétée. »

La Maison de la Résilience vise à offrir une prise en charge adaptée et à éviter que le système de soins ne devienne un facteur de souffrance supplémentaire. Hingray insiste sur l’importance de la reconnaissance et de la compréhension des troubles dissociatifs pour éviter des surtraumatismes dans les soins.

Cette initiative répond à un besoin urgent d’un soutien psychologique spécifique pour les victimes de violences sexuelles, en mettant l’accent sur une approche globale et inclusive.

Source : France Inter

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