Controverse autour de la visite de Macky Sall au Sénégal
La controverse règne ce vendredi matin à Dakar alors que se précise la visite de l’ancien président Macky Sall. Ce retour éclair, prévu pour une audience au Palais avec son successeur Bassirou Diomaye Faye, s’inscrit dans le cadre de sa candidature au poste de secrétaire général des Nations unies. Cette visite suscite un malaise croissant dans la presse sénégalaise, comme l’indique le site Senenews en la qualifiant de « finalement contestée ».
La contestation émane principalement de collectifs de victimes de la répression politique, qui rappellent les événements tragiques des années 2021 à 2024. Boubacar Sèye, président de l’Association des familles des martyrs, souligne que « il s’agit du retour d’un homme dont le passage à la tête de l’État reste associé à l’une des périodes les plus douloureuses de notre histoire récente. Des dizaines de personnes ont perdu la vie. » Selon le site Senego, plus de 65 personnes ont été tuées et plus de 1 600 autres arrêtées durant cette période, ce qui, selon eux, disqualifie Macky Sall pour promouvoir la paix, la démocratie et les droits humains.
Du côté de l’Alliance pour la République (APR), le parti de Macky Sall, on évoque « la hauteur républicaine » du chef de l’État. Le ministre des Forces armées, Yankhoba Diémé, rappelle que « Macky Sall ne fait l’objet d’aucune poursuite, encore moins d’aucune condamnation. Il est citoyen de ce pays, il a le droit d’entrer et de sortir du territoire. » Même Aminata Touré, figure de la majorité, admet que « je suis contre l’impunité, mais à ce que je sache, Macky Sall ne fait l’objet d’aucune poursuite. »
Cependant, le véritable malaise semble résider dans l’absence de justice pour les victimes. Les collectifs dénoncent qu’« aucune enquête, aucune poursuite n’a eu lieu » et pointent la loi d’amnistie de mars 2024, toujours en vigueur. L’activiste Aliou Sané critique la situation en déclarant que l’on déroule « le tapis rouge du palais à Macky, alors qu’aucune lumière n’est faite sur les morts. »
Cette controverse met en lumière les tensions entre le Sénégal d’hier et celui d’aujourd’hui.
Source : RFI
