Comment être sûr que votre copropriété ne fait pas n'importe quoi avec le compteur d'eau ?

Comment être sûr que votre copropriété ne fait pas n’importe quoi avec le compteur d’eau ?

Les charges de copropriété cachent parfois des pièges financiers d’autant plus redoutables qu’ils paraissent techniques. C’est le cas des compteurs d’eau. Les formats individuels, installés dans chaque logement, promettent d’allouer les montants exacts selon les volumes réellement consommés. En leur absence, la facture globale est calculée par le compteur général et répartie au prorata des tantièmes, c’est-à-dire en fonction de la superficie de chaque logement, qui ne correspond pas forcément à la consommation selon le nombre d’occupants.

Aujourd’hui, la quasi-totalité des prestataires du marché propose des formules globales incluant la location, l’entretien et la maintenance, avec une installation gratuite, sans coût initial pour la copropriété. En contrepartie, chaque copropriétaire paie une redevance annuelle récurrente pour couvrir la location de l’appareil, son entretien régulier et la relève des index. Cependant, pour amortir les frais de cette pose initiale gratuite, les contrats sont souvent verrouillés durant 10 ans, intégrant des clauses de réindexation automatique des tarifs de l’ordre de 2 à 3 % par an.

Un mauvais entretien

Il est crucial de rester vigilant quant à l’entretien de ces compteurs. En moyenne, 20 à 30 % des compteurs installés dans les copropriétés sont totalement non opérationnels. Cela peut être dû à des compteurs dysfonctionnels, à des appareils dont la relève reste bloquée à zéro, ou à des équipements qui n’ont jamais pu être posés en raison de l’absence des propriétaires. De plus, lors de travaux de rénovation, certains propriétaires installent des coffrages décoratifs qui murent littéralement les compteurs, rendant toute maintenance impossible.

Un manque de suivi et de communication entre le syndic et le prestataire aggrave la situation. Les logiciels peuvent fonctionner de manière automatisée, sans vérification humaine des données, et les bases de données des copropriétaires ne sont pas toujours à jour. En l’absence de réunions annuelles de cadrage, personne ne contrôle l’efficacité des campagnes techniques. Les copropriétaires finissent par payer pour rien, et la copropriété doit revenir à l’ancienne méthode de répartition aux tantièmes pour combler les manques.

Reprendre le contrôle

Face à ces problématiques, le conseil syndical doit reprendre la main en activant plusieurs leviers d’action. Les copropriétaires sont encouragés à utiliser leur espace en ligne personnalisé pour surveiller l’historique de consommation, ce qui est le meilleur moyen de détecter un appareil en panne. Le conseil syndical peut également réclamer le listing complet des relèves de l’immeuble pour mener une étude comparative minutieuse et repérer les anomalies, notamment les compteurs des voisins affichant un index à zéro.

Les copropriétaires peuvent demander la mise en place d’un protocole rigoureux entre le syndic et le prestataire. Si le conseil syndical identifie plusieurs appareils problématiques, il doit s’impliquer dans l’organisation des rendez-vous, valider les dates d’affichage et exiger des comptes rendus d’intervention détaillés pour savoir si une réparation a réussi et, le cas échéant, en comprendre les raisons.

Source : Capital.

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