Contre Ebola, la politique sanitaire américaine sème la colère en Afrique
Alors que la Coupe du monde de football vient de s’ouvrir aux États-Unis, la stratégie américaine de lutte contre le virus Ebola fait l’objet de nombreuses critiques, notamment au Kenya.
Publié le 13/06/2026 à 17:25
Des cercueils factices peints en blanc, frappés du mot Ebola en lettres rouges, sont brandis en tête de cortège par des manifestants en tenue de protection médicale. Des croix portant l’inscription « Rejetons Ebola » et des écharpes en guise de masques chirurgicaux illustrent la colère croissante au Kenya contre un projet américain de centre de quarantaine destiné aux ressortissants américains atteints du virus. Un manifestant a perdu la vie lors d’un de ces rassemblements, vraisemblablement sous les tirs de la police.
Ce projet, officiellement suspendu, prévoyait l’installation d’un centre sur une base aérienne à Nanyuki, à quelques centaines de kilomètres de Nairobi. Pourtant, le Kenya n’a recensé à ce jour aucun cas d’Ebola et ne partage aucune frontière avec la République démocratique du Congo, d’où est partie l’épidémie.
Derrière ce projet se cache une logique claire : les États-Unis refusent que des personnes malades ou cas contacts entrent sur leur territoire. Le secrétaire d’État Marco Rubio a déclaré sans détour que « aucun cas d’Ebola ne sera autorisé à entrer sur le sol américain ».
Le centre de quarantaine kenyan n’est qu’un élément d’un dispositif plus large. Des interdictions de voyager se sont multipliées pour les personnes venant de la RDC, du Soudan du Sud ou d’Ouganda. Des Américains malades ont également été transférés en Europe, notamment en Allemagne et en République tchèque.
Une partie de la presse américaine souligne le décalage entre ces mes et la réalité épidémiologique : les États-Unis disposent d’un système de santé robuste, et le mécanisme de transmission d’Ebola est bien connu. De nombreux scientifiques estiment que le risque pandémique sur le sol américain est faible.
Pour ces critiques, cet isolationnisme sanitaire traduit un réflexe politique : afficher une protection rigoureuse des Américains en priorité, au détriment de la logique médicale. Un « America First » appliqué au domaine de la santé.
(Source : Franceinfo)
