Nutrition : Consommer trop de protéines pourrait nuire au vieillissement en bonne santé
Les produits enrichis en protéines, autrefois réservés aux sportifs, sont désormais omniprésents dans les supermarchés. Cependant, une revue de plus de 350 études remet en question l’idée selon laquelle une consommation accrue de protéines serait bénéfique pour tous, en particulier pour les personnes sédentaires.
Des chercheurs de l’Université du Wisconsin-Madison ont examiné les effets de la restriction protéique sur le vieillissement. Ils concluent que réduire l’apport en protéines pourrait, pour de nombreuses personnes, offrir des avantages significatifs, y compris une potentielle prolongation de la vie. Les chercheurs identifient plusieurs mécanismes par lesquels une diminution de l’apport en protéines pourrait influencer le vieillissement :
- Amélioration du métabolisme.
- Modification de la réponse des cellules aux nutriments.
- Limitation des dommages cellulaires.
- Maintien d’un fonctionnement cellulaire normal.
L’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation (Anses) en France fixe une référence nutritionnelle pour les adultes en bonne santé à 0,83 g/kg/j, avec des besoins accrus pour certains groupes, notamment les personnes âgées. En 2016, elle a précisé que la part des protéines dans l’apport énergétique total quotidien devait se situer entre 10 et 20 %.
Dudley Lamming, auteur principal de l’étude, souligne que si les protéines sont essentielles pour le développement musculaire, la plupart des individus sédentaires consomment probablement plus de protéines que nécessaire, ce qui pourrait avoir des effets néfastes sur la santé.
Une explication possible réside dans l’hormone de croissance des fibroblastes 21 (FGF21), dont le taux augmente lorsque l’apport en protéines diminue. Cette hormone est associée à une augmentation de la dépense énergétique, à une meilleure régulation de la glycémie et à une réduction de l’inflammation. Des études sur des souris ont montré que celles présentant des niveaux élevés de FGF21 vivaient plus longtemps.
Les recommandations nutritionnelles devraient donc prendre en compte à la fois l’âge et le niveau d’activité physique, plutôt que d’appliquer une approche uniforme à tous les individus.
Source : Cell Press Blue.



