Enfants prématurés : quelles conséquences dans les années qui suivent la naissance ?
À l’âge de 10 ans, les enfants nés prématurément affichent globalement une bonne santé, mais rencontrent des difficultés accrues, notamment en matière de troubles de l’attention.
En France, environ 7 % des naissances, soit près de 45 000 bébés par an, surviennent avant terme, définies comme ayant lieu avant 37 semaines d’aménorrhée. Une étude menée par des chercheurs de l’Inserm et de l’Ined a examiné l’état de santé et les besoins des enfants nés prématurément à l’âge de dix ans.
L’enquête a porté sur les parents de plus de 2 000 enfants prématurés. Bien que tous ces enfants soient généralement en bonne santé et scolarisés, ils présentent des défis notables par rapport à leurs pairs nés à terme. En effet, 23 % des enfants prématurés bénéficient d’un soutien scolaire, contre seulement 12 % des enfants nés à terme. Les difficultés d’apprentissage, notamment en lecture, sont également mises en évidence.
Comportementalement, les enfants prématurés montrent des difficultés dans la gestion des émotions et affichent des taux plus élevés d’hyperactivité et de troubles de l’attention. Selon Véronique Pyrrha, co-autrice de l’étude, 16 % des enfants nés prématurément sont à risque de rencontrer de telles difficultés, contre 12 % chez les enfants nés à terme.
Les répercussions de ces défis s’étendent à la vie sociale des enfants, avec une proportion plus faible d’entre eux participant à des activités sportives. Les chercheurs suggèrent que cela pourrait être dû à un emploi du temps chargé par des séances de soutien au développement ou à des problèmes de coordination.
Émeline Baudouin, présidente de l’association de parents d’enfants prématurés Abracadabra, souligne un manque de sensibilisation concernant les risques potentiels pour ces enfants. Elle affirme que de nombreuses familles ignorent qu’après la sortie de l’hôpital, des séances de psychomotricité, d’orthophonie ou de kinésithérapie peuvent être nécessaires.
Les chercheurs recommandent la mise en place d’un accompagnement à long terme pour ces enfants, insistant sur le fait que la prématurité ne se limite pas à la période néonatale. Ils soulignent également le besoin d’un suivi continu, surtout après le cycle primaire, afin de mieux soutenir ces enfants dans leur développement.
Les conclusions de cette étude mettent en lumière la nécessité d’une approche proactive pour répondre aux besoins des enfants nés prématurément, en particulier en matière de soutien éducatif et psychologique.
Source : Inserm, Ined

