Sacralité des décisions, démantèlement de la SEEG, ordonnances : l’essentiel du Conseil qui confirme l’après-transition
Le 25 juin, le Conseil des ministres s’est réuni au Palais de la Présidence pour examiner une vingtaine de textes relatifs à l’énergie, à la justice constitutionnelle, à la haute fonction publique et à la diplomatie économique. Cette séance illustre la volonté présidentielle d’établir méthode, discipline et traçabilité dans l’action gouvernementale.
Le communiqué final, qui s’étend sur vingt-neuf pages, présente une multitude de décisions, révélant une cohérence dans les réformes envisagées. Ces dernières visent à structurer l’architecture institutionnelle et économique de la République suite à l’élection présidentielle.
Le Président a ouvert la séance en évoquant son discours sur l’état de la Nation du 15 juin, qu’il considère comme une obligation constitutionnelle, essentielle à la crédibilité de l’action publique.
Trois exigences ont marqué l’intervention du Chef de l’État. La première concerne la « sacralité » des décisions du Conseil ; une fois prises, ces décisions ne peuvent être remises en question, et chaque membre du Gouvernement doit s’y conformer. Cela implique la nécessité de préparer des dossiers rigoureusement instruits en amont, le Conseil interministériel devant jouer un rôle actif dans le processus décisionnel.
Les deux autres exigences incluent un renforcement des études d’impact pour tout projet de texte, et une collaboration plus précoce avec le Parlement pour éviter les blocages.
Concernant les réformes, deux projets de loi prévoient la scission de la Société d’énergie et d’eau du Gabon (SEEG), donnant naissance à « La Gabonaise des Eaux » et à « Électricité du Gabon ». Cette réforme vise à résoudre des dysfonctionnements persistants dans le secteur.
Le Conseil a également abordé l’organisation de la Cour Constitutionnelle, désormais composée de neuf juges nommés pour huit ans. Un autre projet de loi permettra au Président de légiférer par ordonnance en cas d’urgence durant l’intersession parlementaire. De plus, deux lois encadreront l’accès aux emplois supérieurs de l’État, visant à remédier aux « irrégularités et pratiques discrétionnaires » en matière de nominations.
Sur le plan diplomatique, le Conseil a validé la ratification d’un accord de partenariat économique avec les Émirats arabes unis, ainsi qu’un accord d’exécution des peines avec Cuba. La promotion du commerce intra-africain a été désignée comme une priorité.
En réponse à la lutte contre la vie chère, la feuille de route du Haut Conseil pour l’Investissement a été validée, accompagnée de la création de Brigades mixtes de contrôle et d’inspection. Enfin, une vaste vague de nominations a été effectuée, touchant divers secteurs, dont l’audiovisuel public.
Source : Gabonreview.com
