Belize-Guatemala, le conflit oublié d'Amérique centrale

Belize-Guatemala : Le conflit oublié d’Amérique centrale

Un différend qui perdure depuis deux siècles

Depuis 1821, le Guatemala revendique environ la moitié du territoire de son voisin, le Belize, un conflit hérité de la colonisation britannique et espagnole. Après des décennies d’impasse, la Cour internationale de justice (CIJ) de La Haye doit trancher ce litige, avec des audiences prévues pour 2026.

Un héritage colonial complexe

L’origine de ce différend est profondément ancrée dans l’histoire coloniale. Le Belize, anciennement connu comme le « Honduras britannique », était la seule colonie britannique en Amérique centrale, entourée par des pays hispanophones. L’Espagne, puis le Guatemala, qui a obtenu son indépendance en 1821, ont toujours revendiqué des droits sur ce territoire, considéré comme un héritage espagnol.

En 1859, un traité entre Londres et le Guatemala était censé définir la frontière, mais une clause stipulant l’établissement d’une route reliant Guatemala City à la côte atlantique n’a jamais été respectée. Le Guatemala a alors déclaré le traité nul, lançant ainsi des décennies de tensions.

Une indépendance sous tension

Lors de l’indépendance du Belize en 1981, le conflit demeurait non résolu. Le Guatemala a reconnu le Belize au début des années 1990, tout en continuant à contester ses frontières. Actuellement, le Guatemala revendique environ 11 000 kilomètres carrés, soit près de la moitié de la superficie bélizienne, ce qui représente une menace existentielle pour ce petit pays de 400 000 habitants.

Des incidents frontaliers se produisent régulièrement, notamment le long du fleuve Sarstoon, où des vedettes guatémaltèques empêchent les garde-côtes béliziens de patrouiller dans leurs propres eaux. Le Guatemala revendique également la souveraineté sur le fleuve et les cayes béliziennes.

La voie de La Haye

Face à cette impasse, les deux pays ont choisi de recourir au droit international. Après des négociations, ils ont soumis le différend à la CIJ, validé par deux référendums : le Guatemala a voté « oui » en avril 2018, et le Belize en mai 2019, avec 55 % des voix en faveur.

Actuellement, les mémoires écrits ont été échangés, et les audiences orales sont attendues pour 2026. Le Guatemala a déposé un dossier réclamant tout le territoire au sud du fleuve Sibun, tandis que le Belize se dit confiant quant à la validité de son traité de 1859.

Réflexions sur le conflit

Le différend Belize-Guatemala illustre un désaccord sur l’interprétation d’un vieux traité colonial, opposant deux mémoires impériales rivales. Ce conflit démontre aussi qu’il est possible de résoudre des litiges frontaliers par le biais du droit international, plutôt que par la violence. Il reste à voir si les deux pays respecteront le verdict de la CIJ, quel qu’il soit.

Source : Cour internationale de justice

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