Conflit au Moyen-Orient : « Invoquer le réalisme géopolitique ne peut servir d’excuse au renoncement »
À l’heure où la France s’apprête à accueillir les dirigeants du G7, les principes du droit international semblent être largement ignorés face à l’usage croissant de la force par certains États. Des responsables européens suggèrent même que ces principes sont dépassés, devenant inopérants face aux réalités géopolitiques contemporaines.
Les règles établies après la Seconde Guerre mondiale seraient jugées inadaptées au monde actuel. Cette perception est renforcée par la position de la présidence française, qui a accepté qu’Israël établisse une « zone tampon » dans le sud du Liban, présentée comme « temporaire ». La destruction systématique d’infrastructures et d’habitations dans des villages déjà en ruine soulève des questions sur la nature véritable des conséquences de telles actions.
L’usage de la force est illégal
L’idée sous-jacente à ces discours est que le droit pourrait céder devant la puissance. Cependant, l’interdiction du recours à la force, inscrite dans la charte des Nations unies, est claire : l’usage de la force est illégal, sauf s’il est autorisé par le Conseil de sécurité de l’ONU ou invoqué en cas de légitime défense face à une menace imminente. Même dans ces situations, le droit international humanitaire et les droits humains restent applicables, garantissant une protection essentielle aux populations civiles.
Des règles conditionnelles
La crédibilité des engagements pris par les États dépend de leur cohérence. La reconnaissance par la France de l’État de Palestine, par exemple, n’a pas été accompagnée des mes concrètes demandées par la Cour internationale de justice. Les violations des droits continuent, et le manque de sanctions renforce l’impunité.
Les règles doivent s’appliquer uniformément. Un civil, qu’il soit en Ukraine, au Liban, à Gaza ou au Soudan, a droit à la même protection selon le droit international. Pourtant, les réactions sélectives des dirigeants européens face aux violations des droits de l’homme envoient un message clair : les règles sont conditionnelles.
Du courage politique
Les principes du droit international ne sont pas obsolètes. Ils existent pour être appliqués dans les moments difficiles, lorsque la pression pour les abandonner est la plus forte. Aujourd’hui, il est crucial que les dirigeants politiques fassent preuve de courage et d’engagement envers ces principes. La France a la possibilité de défendre le droit international et de réaffirmer son soutien au G7 qu’elle préside cette année.
L’alternative à cette démarche serait inquiétante : un monde dominé par la loi du plus fort, où les engagements envers le droit international et les droits humains seraient abandonnés.
Source : La Croix
