Infestation de cafards et conditions de détention dégradées : la prison d’Aix-Luynes épinglée par la justice
Le tribunal administratif de Marseille a ordonné, le 8 septembre 2026, à l’État de « prévenir tout risque de traitement dégradant » au sein du centre pénitentiaire d’Aix-Luynes, dans les Bouches-du-Rhône. Cette décision fait suite à un recours intenté par un détenu souffrant d’hypertension artérielle, qui partage sa cellule infestée de cafards avec d’autres prisonniers, ainsi qu’à une action conjointe du syndicat des avocats de France (SAF) et de l’Observatoire international des prisons (OIP).
Le tribunal a enjoint le ministre de la Justice à mettre en œuvre 21 mes, dont cinq sont directement liées au détenu requérant. Certaines de ces mes doivent être prises dans un délai de quinze jours, sous peine de sanctions financières, en particulier celles relatives au couchage des détenus.
Le jugement ordonne également un recensement des personnes dormant sur des matelas posés au sol ou sur des lits de camp, afin d’asr la fourniture d’une literie propre et suffisante. De plus, le tribunal insiste sur le fait que le couchage ne doit pas être installé dans les espaces sanitaires et demande la cessation de cette pratique pour les détenus vulnérables.
Par ailleurs, le juge a exigé l’achèvement des opérations de désinfection et de dératisation dans les deux bâtiments du centre pénitentiaire, jusqu’à l’élimination des foyers signalés. Au moins 41 portes de sanitaires, jugées absentes ou défaillantes, doivent également être réparées ou remplacées.
Concernant le dispositif d’appels dans les cellules, le tribunal a donné un délai de quinze jours pour effectuer les vérifications nécessaires, avec une astreinte de 200 euros par jour de retard. Le juge a également accédé à la demande du détenu pour un réexamen individualisé de sa situation.
Certaines demandes, comme le cloisonnement intégral des sanitaires, n’ont pas été acceptées. Selon Me Maxime Carrez, à l’origine du recours, cette décision représente une avancée significative dans la lutte pour des conditions de détention dignes.
Cet été, d’autres établissements pénitentiaires, notamment à Bordeaux, Fresnes et Condé-sur-Sarthe, ont également été critiqués pour leurs conditions de détention. Les prisons françaises sont régulièrement pointées du doigt pour leur surpopulation chronique, leurs conditions de vie inacceptables et le manque de personnel. L’État français a déjà été condamné par la Cour européenne des droits de l’Homme pour ces conditions de détention.
Source : AFP

