Trains Velvet : la concurrence ferroviaire inquiète les usagers tourangeaux
L’arrivée de Velvet en 2028 doit renforcer l’offre ferroviaire entre Paris et les grandes villes de l’Ouest. Cependant, en Touraine, les usagers craignent que cette nouvelle concurrence se fasse au détriment de la desserte de Saint-Pierre-des-Corps.
Sur le papier, l’arrivée de Velvet est perçue comme une bonne nouvelle pour les voyageurs. À partir de 2028, la nouvelle compagnie ferroviaire prévoit de faire circuler ses trains entre Paris et plusieurs grandes villes de l’Ouest, telles que Bordeaux, Nantes, Angers et Rennes. Velvet annonce également la mise à disposition de 10 millions de places supplémentaires par an. Cette ouverture à la concurrence vise à dynamiser le marché du train à grande vitesse et à offrir une alternative à l’opérateur historique.
Cependant, sur l’axe Paris-Bordeaux, les trains Velvet ne desserviront pas les gares de Saint-Pierre-des-Corps et de Tours. Ces nouveaux trains nécessiteront des créneaux de circulation sur le réseau ferroviaire, appelés « sillons ». Les capacités de circulation sont particulièrement contraintes aux heures de pointe, ce qui pousse les usagers du Tours-Paris à redouter que l’arrivée de Velvet limite les possibilités d’augmenter le nombre de TGV desservant la Touraine, voire entraîne une réduction de l’offre actuelle.
Cette préoccupation est accentuée par l’évolution de la desserte ces dernières années. Il y a dix ans, cinq TGV permettaient d’arriver à Paris avant 9 heures, tandis qu’aujourd’hui, ils ne sont plus que trois, selon l’association TGV Tours-Paris. Cette association, qui représente environ 4 000 usagers réguliers, demande la préservation des trois TGV matinaux vers Paris et une évaluation précise de l’impact de Velvet sur la desserte tourangelle.
Si l’arrivée de la concurrence promet davantage de trains et de choix pour les voyageurs, elle pourrait également bénéficier en priorité aux axes les plus fréquentés, au risque de fragiliser les dessertes intermédiaires. Contactée, SNCF Réseau, responsable de l’attribution des sillons, n’a pas confirmé si l’axe Paris-Tours était saturé aux heures de pointe, ni précisé les modalités d’attribution des créneaux entre les différentes entreprises ferroviaires. Les usagers du Paris-Tours ne s’opposent pas à la concurrence, mais souhaitent qu’elle ne se traduise pas par une diminution de leur offre.
Cette inquiétude est d’autant plus forte que les abonnés tourangeaux font face à une forte hausse du coût de leurs trajets ces dernières années. Le prix des abonnements TGV entre Tours et Paris a récemment augmenté, renforçant le sentiment de payer davantage pour une desserte dont la pérennité n’est pas assurée.
Source : France 3 Régions

