Une meilleure répartition du parc social, mais une ségrégation résidentielle accrue
Depuis le début des années 2000, la France a observé une amélioration dans la répartition spatiale de son parc locatif social, qui compte 5,4 millions de logements, représentant près de 16 % des résidences principales. Ce parc a pour objectifs de garantir un accès au logement pour les ménages modestes et de favoriser la mixité sociale. Cependant, la ségrégation résidentielle, qui se manifeste par une répartition inégale des habitants selon leur niveau de vie, continue de s’accentuer dans les grandes agglomérations.
La loi Solidarité et Renouvellement Urbain (SRU), promulguée en 2000, a été mise en place pour lutter contre cette ségrégation en imposant la construction de logements sociaux dans des communes initialement peu dotées. Malgré ces efforts, la ségrégation résidentielle demeure élevée, surtout depuis 2004, dans la plupart des grandes villes, selon des données récentes.
Au sein des agglomérations, le parc social reste concentré dans certains quartiers. En 2022, la concentration des logements sociaux était particulièrement marquée à Marseille-Aix-en-Provence (55 %), Le Havre (54 %), Toulon (53 %), et Paris (53 %). En revanche, elle était la plus faible à Valenciennes (34 %), Toulouse (36 %), et Douai-Lens (36 %).
Cette concentration crée des poches de pauvreté. En 2022, 50 % des occupants du parc social appartenaient au quart des ménages les plus pauvres, avec un revenu annuel inférieur à 16 300 euros. De plus, 34 % des ménages du parc social vivaient en dessous du seuil de pauvreté, une proportion bien supérieure à la moyenne nationale de 14 %.
Les niveaux de vie des locataires du parc social varient également selon les quartiers. Les ménages des quartiers aisés affichent un niveau de vie médian de 18 700 euros, soit 40 % de moins que celui des ménages du parc privé. En revanche, dans les quartiers modestes, le niveau de vie médian des ménages du parc social est de 15 600 euros, plus proche de celui des ménages du parc privé.
Des dynamiques d’emménagement et de déménagement contribuent à cette ségrégation. Les ménages accédant à un logement social dans un quartier aisé sont en moyenne 15 % plus riches que ceux s’installant dans un quartier modeste. De plus, les ménages les moins modestes déménagent plus souvent, ce qui renforce la polarisation au sein du parc social.
En conclusion, bien que le parc social ait été mieux réparti, sa concentration dans certains quartiers et les inégalités de revenus parmi ses occupants continuent d’alimenter la ségrégation résidentielle en France.
Source : INSEE, 2023
