A Conakry, le désespoir et la colère après l’éboulement meurtrier d’une décharge

Conakry : désespoir et colère après l’éboulement meurtrier d’une décharge

À Conakry, la colère et le désespoir règnent après l’éboulement d’une décharge d’ordures, qui a causé la mort d’au moins 30 personnes et blessé 22 autres. Ce drame s’est produit dans la nuit de samedi à dimanche, après de fortes pluies, emportant plusieurs habitations du quartier de Dar es Salam.

Abou Hamza, un résident et responsable des jeunes du quartier, déclare : « Nous les jeunes, on a tout fait pour éviter cela ! On a organisé des réunions, on a invité les responsables mais ils n’ont pas pris la chose au sérieux. » Il accuse l’État de ne pas avoir fermé la décharge malgré des promesses formulées il y a un an. Selon lui, cette négligence a directement contribué à la catastrophe.

Recherche de survivants

Dimanche, des équipes de secours, soutenues par des habitants, ont fouillé les décombres à la recherche de survivants. Les tractopelles ont travaillé tout au long de la journée, tandis que des proches, en larmes, escortaient les blessés sur des brancards. Alhassane Camara, un résident, a perdu l’un de ses petits frères lors de l’éboulement et témoigne des événements tragiques de cette nuit-là.

Le Premier ministre guinéen, Amadou Oury Bah, a visité le site de l’accident et a promis une prise en charge médicale pour les blessés et une assistance aux personnes affectées. Il a précisé que des opérations de sécurisation autour de la décharge avaient été annoncées, en raison des risques d’éboulement, alors que la saison des pluies est particulièrement intense dans le pays.

Une tragédie dénoncée

Cellou Dalein Diallo, ancien Premier ministre et opposant, a qualifié l’événement de « tragédie » et a appelé à une enquête transparente sur les circonstances de cet éboulement. Il a également souligné que la fermeture de la décharge était prévue pour le 23 août, ce qui soulève des questions sur la gestion des risques dans la région.

Cette catastrophe met en lumière les enjeux de sécurité liés aux infrastructures mal gérées dans la capitale guinéenne, où les fortes pluies exacerbent les dangers pour les populations vulnérables.

Source : AFP

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