Aux Comores, la justice refuse l’évacuation sanitaire de l’ancien président Sambi
Aux Comores, les autorités judiciaires ont annoncé ce mardi 16 juin 2026 qu’aucune évacuation sanitaire ne sera accordée à l’ancien président Ahmed Abdallah Sambi, actuellement condamné à la réclusion à perpétuité. Cette décision survient dans un contexte de préoccupations croissantes concernant l’état de santé de l’ex-chef de l’État, ce qui a également conduit à l’interpellation de deux journalistes placés sous contrôle judiciaire.
Lors d’une conférence de presse, le procureur général Ahamada Hamidou a déclaré qu’aucun élément ne justifiait une évacuation sanitaire urgente. Il a ajouté qu’il aurait été disposé à donner un avis favorable si une telle recommandation avait été formulée par les médecins. Les autorités se sont basées sur l’avis du docteur Saïd Moussa, chef du service anesthésie-réanimation de l’hôpital El-Maarouf, qui a affirmé que le pronostic vital de Sambi n’était pas engagé à court terme et qu’aucun critère médical ne justifiait un transfert à l’étranger.
Le médecin a cependant précisé qu’il n’avait pas examiné personnellement Sambi et que son avis était fondé sur l’analyse du dossier médical et les échanges avec une équipe de cinq médecins désignée par le parquet général.
Par ailleurs, cette équipe médicale a signalé un haut risque cardiovasculaire pour l’ancien président, recommandant une coronarographie, un examen qui n’est pas disponible aux Comores. En raison des divergences d’interprétation des rapports médicaux, les autorités ont décidé de solliciter l’avis d’un médecin ou d’un cabinet étranger pour garantir l’objectivité de l’évaluation de l’état de santé de Sambi.
Cette situation soulève des préoccupations sur la liberté de la presse et les droits humains dans le pays, alors que les débats autour de la santé de l’ancien président continuent d’alimenter les discussions publiques.
Source : RFI
