À Ouagadougou, Seydou Guigma récolte les fruits de la persévérance
À Ouagadougou, dans le quartier de la Patte d’Oie, Seydou Guigma, un commerçant de plus de 60 ans, se distingue par son engagement dans le commerce de fruits. Depuis plus de vingt ans, il vend des oranges, des mangues et des papayes, incarnant ainsi la conviction que « aucun métier honnête n’est insignifiant ».
À 9 heures du matin, alors que la ville commence à s’éveiller, Guigma attire l’attention des passants avec ses pyramides de fruits colorés. Il a débuté sa carrière avant même la construction de l’échangeur de Ouaga 2000, d’abord en vendant devant le CMA de Bogodogo, puis à Ouaga 2000, avant de s’installer à son emplacement actuel depuis six ans.
Il rapporte que ses recettes varient considérablement, pouvant atteindre entre 50 000 et 100 000 FCFA certains jours, tandis que d’autres ne dépassent pas 10 000 FCFA. Marié et père de cinq enfants, il reconnaît que son succès est le fruit de nombreuses années d’efforts et d’expériences, ayant précédemment tenté de vendre des céréales et du poisson, sans succès.
Le tournant de sa carrière est survenu lorsqu’un ami lui a conseillé de se lancer dans la vente de fruits, ce qui lui a permis de commencer avec un capital modeste de 3 000 FCFA. Guigma souligne qu’il n’a jamais contracté de prêts bancaires, préférant travailler uniquement avec ses propres moyens. Cette approche lui a permis de construire sa maison et de préparer sa retraite.
Cependant, il fait face à des défis croissants, notamment la baisse du tourisme, l’inflation et une diminution du pouvoir d’achat. Il constate que les ventes ont ralenti et que les pourboires sont devenus rares. Pour maintenir son activité, il s’approvisionne régulièrement auprès des producteurs locaux.
Seydou Guigma est également reconnu pour ses valeurs de respect et de solidarité au sein de sa communauté. Ses voisins, comme Christelle Ouédraogo, le décrivent comme une figure paternelle, soulignant l’entraide qui règne entre les commerçants du quartier.
Malgré les difficultés économiques, Guigma reste optimiste quant à l’avenir de son commerce et à un éventuel retour à la stabilité sécuritaire. Il exprime sa conviction que les choses vont s’améliorer, espérant le retour des touristes et la reprise de l’activité économique.
Source : Burkina 24
