Carroll, Integrity, Armstrong… Comment choisit-on les noms des cratères de la Lune ?

Comment choisit-on les noms des cratères de la Lune ?

Donner des noms aux cratères lunaires est une pratique qui remonte à 1645. L’astronome flamand Michael van Langren est le premier à avoir proposé des noms pour les reliefs lunaires, honorant des figures historiques comme Philippe IV d’Espagne ou des scientifiques tels que Ptolémée. Sa carte illustre à la fois les connaissances scientifiques et les dynamiques de pouvoir de son époque.

En 1651, le jésuite italien Giovanni Battista Riccioli formalise cette pratique dans son ouvrage Almagestum Novum, attribuant des noms qui perdurent, tels que Tycho, Copernic et Kepler. En 1935, l’Union astronomique internationale (UAI) officialise ce système et attribue des noms à plus de 600 formations lunaires, stipulant que seuls des scientifiques décédés peuvent être honorés.

1959 : La face cachée dévoilée

L’ère spatiale marque un tournant en 1959, lorsque la sonde soviétique Luna 3 révèle la face cachée de la Lune, mettant en lumière des milliers de cratères inconnus. Moscou en profite pour y inscrire ses grands noms, comme Tsiolkovskiy, Gagarin et Korolev. Ces attributions sont entérinées par l’UAI en 1970, la Lune devenant un symbole de la guerre froide.

Les Américains et l’exception Apollo

Les États-Unis introduisent également des noms dans la nomenclature lunaire après les missions Apollo. Près du site d’alunissage d’Apollo 11, des cratères comme Armstrong, Aldrin et Collins rendent hommage aux astronautes. Ces nominations sont une exception, car certains des honorés étaient encore vivants, justifiée par l’importance historique de la mission.

Quatorze cratères portent le nom d’explorateurs spatiaux décédés lors de missions, notamment après l’incendie d’Apollo 1 en 1967. D’autres tragédies, comme la catastrophe de Challenger en 1986, ont également donné lieu à l’attribution de noms à des cratères.

Carroll, Integrity et six météorites

La nomenclature lunaire révèle des déséquilibres, avec seulement 32 des 1 578 cratères nommés d’après des personnes honorant des femmes en mars 2020. Un rééquilibrage a commencé en 2021 avec l’attribution d’un cratère à Annie Easley, pionnière de la NASA.

Récemment, lors de la mission Artémis 2, les astronautes ont nommé un cratère « Carroll » en mémoire de l’épouse du commandant Reid Wiseman, et un autre « Integrity » en hommage à leur vaisseau. Ces nominations doivent encore être validées par l’UAI. Ce jour-là, l’équipage a également été témoin de six impacts de météorites sur la surface lunaire, un événement rare qui a suscité des réactions de joie au centre de contrôle de Houston.

Source : La Croix

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