Colombie: un ex-chef des Farc s'inquiète de violences face aux menaces du président élu | TV5MONDE

Colombie : Un ex-chef des Farc s’inquiète des violences face aux menaces du président élu

Un ancien commandant des ex-Farc colombiennes, Rodrigo Londoño, alias Timochenko, a exprimé ses préoccupations mardi auprès de l’AFP concernant les « messages de haine » qui pourraient exacerber la violence, en réponse aux menaces du président élu, Abelardo de la Espriella, qui envisage de l’emprisonner et de révoquer des éléments clés de l’accord de paix de 2016 entre la guérilla et l’État.

Timochenko a indiqué que plusieurs anciens chefs de la guérilla dissoute avaient écrit à De la Espriella pour reconnaître sa victoire électorale et solliciter un dialogue afin d' »honorer » l’accord de paix. De la Espriella, avocat novice en politique, représente la droite dure et appelle à des mes fermes contre les groupes armés, qualifiant Timochenko de « criminel de guerre » qui « mérite la prison à vie ». Il souhaite également intensifier les opérations contre les bandes liées au trafic de drogues et mettre fin aux négociations avec les dissidents des ex-Farc.

Londoño a été condamné en 2025 à huit ans de travaux d’intérêt général pour les plus de 21.000 enlèvements commis par les Farc. Le président élu prévoit d’abolir le tribunal spécial chargé de juger les crimes du conflit, qui applique des peines alternatives à l’incarcération pour les anciens guérilleros et militaires. De la Espriella estime que la justice a été plus clémente envers les ex-rebelles qu’envers les militaires accusés d’exécutions extrajudiciaires.

À l’occasion du dixième anniversaire de l’accord de paix, Timochenko a déclaré que ses signataires étaient souvent victimes de « stigmatisation » et de « messages de haine ». Il a souligné l’importance de réduire ces discours dangereux et a rappelé que près de 13.000 guérilleros avaient déposé les armes pour se réintégrer dans la société, bien que 492 d’entre eux aient été tués, selon la Mission de vérification de l’ONU.

Dans une lettre adressée à De la Espriella, Timochenko et six autres leaders historiques des ex-Farc ont réaffirmé leur « engagement inébranlable » à respecter la paix, espérant que l’État colombien honorerait l’accord avec sincérité. Il a insisté sur le fait que le dialogue est essentiel pour instaurer la paix et a exprimé sa conviction que la société colombienne a mûri et peut avancer ensemble, malgré ses différences.

Les experts notent que les groupes armés illégaux ont renforcé leur pouvoir en Colombie au cours des quatre dernières années. Abelardo de la Espriella devrait prendre ses fonctions le 7 août.

Source : TV5MONDE

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