Présidentielle en Colombie : un choix crucial entre la gauche et la droite pro-Trump
Un avocat antisystème, partisan d’une approche musclée, se me à un allié du premier gouvernement de gauche de l’histoire colombienne. Le second tour de l’élection présidentielle, prévu ce dimanche, déterminera si la Colombie opère un virage à droite ou maintient son cap actuel, dans un contexte de résurgence de la violence.
Le candidat Abelardo de la Espriella, un millionnaire de 47 ans et novice en politique, se présente comme un « outsider » soutenu par l’ancien président américain Donald Trump. Son discours virulent contre les guérillas et la gauche, actuellement au pouvoir avec le président sortant Gustavo Petro, lui a permis de connaître une ascension rapide.
En face, Ivan Cepeda, sénateur de 63 ans, bénéficie de la popularité de Gustavo Petro, surtout parmi les classes populaires, reconnaissantes des efforts de réduction de la pauvreté, de l’augmentation des salaires et de la baisse du chômage dans ce pays très inégalitaire. Cepeda, philosophe et défenseur des droits de l’Homme, a pourtant été devancé par son rival de droite lors du premier tour.
Environ 41 millions de Colombiens sont appelés aux urnes de 08H00 à 16H00 heure locale (13H00 à 21H00 GMT). Dix ans après la signature de l’accord de paix avec la guérilla des Farc, la Colombie fait face à une flambée de violence, marquée par les meurtres de dirigeants communautaires et d’autres civils.
Hermes Ortega, un paysan et guide touristique dans la jungle du Putumayo, exprime son inquiétude face à la détérioration de la situation sécuritaire : « Aucun des deux candidats n’est capable de résoudre le problème de la violence. »
« Paix totale » ou fermeté extrême ?
Abelardo de la Espriella, surnommé « Le Tigre », incarne le rejet de Gustavo Petro, qui, en vertu de la Constitution, ne peut pas briguer un second mandat. De la Espriella prône une ligne dure contre le crime organisé, dans un pays qui demeure le premier producteur de cocaïne au monde. Il promet de « défendre la Colombie par la raison ou par la force », contrairement à la politique de négociation de Petro.
Ivan Cepeda, fils d’un homme politique communiste assassiné, est un fervent défenseur des victimes du conflit armé colombien, qui dure depuis plus de soixante ans. Bien qu’il ait contribué à la stratégie de « paix totale » du gouvernement Petro, il a exprimé sa volonté d’y apporter des changements.
Leonora Ibarra, une agricultrice de 62 ans du Guaviare, a exprimé sa « peur » face aux promesses d’offensive militaire de De la Espriella.
Polarisation des opinions
Admirateur de leaders comme Donald Trump et Javier Milei, Abelardo de la Espriella est critiqué pour ses prises de position controversées. Il envisage de construire des méga-prisons et de bombarder les camps de narcotrafiquants, tout en promettant de réduire de 40 % l’appareil d’État et de développer la fracturation hydraulique.
Les deux candidats illustrent une polarisation marquée de l’opinion publique en Colombie. Ivan Cepeda, avec un style plus sobre, se concentre sur l’approfondissement des réformes sociales. Il insiste sur le fait que « pour le bien de la Colombie, les pauvres d’abord ».
Les relations avec Washington, partenaire historique de Bogotá, sont également au cœur des débats. À une époque où plusieurs pays d’Amérique latine se sont tournés vers la droite, Cepeda a averti que la Colombie ne deviendrait pas une « colonie » des États-Unis.
Source : TV5MONDE
