Colombie. Présidentielle : virage à droite avec la victoire d'Abelardo de la Espriella, candidat pro-Trump

Présidentielle en Colombie : virage à droite avec la victoire d’Abelardo de la Espriella

L’avocat antisystème soutenu par les États-Unis, Abelardo de la Espriella, a promis dimanche une « nouvelle ère » après avoir remporté l’élection présidentielle en Colombie, faisant basculer le pays vers la droite alors qu’il est confronté à la violence des groupes armés.

De la Espriella, novice en politique, a battu de justesse le sénateur de gauche Ivan Cepeda lors du second tour. Les résultats préliminaires lui attribuent 49,7 % des voix, contre 48,7 % pour Cepeda, philosophe et défenseur des droits humains. Le nouveau président prendra ses fonctions le 7 août, dans un contexte de résurgence de la violence dans un pays marqué par un conflit armé interne depuis plus de six décennies.

Une promesse de sécurité

Derrière un vitrage pare-balles, Abelardo de la Espriella a célébré le début d’une « nouvelle ère » face à des milliers de partisans réunis à Barranquilla. Il a promis de poursuivre « sans relâche les bandits » et de gouverner pour « tous les Colombiens ». Surnommé « Le Tigre » par ses supporters, il a promis de garantir la sécurité après une campagne marquée par des attentats à la bombe de la guérilla et l’assassinat d’un prétendant à la présidence.

Avec cette victoire, la Colombie rejoint d’autres pays latino-américains comme l’Argentine, le Chili et l’Équateur, qui ont également connu un virage à droite. Les dirigeants de ces pays, alignés sur Washington, ont rapidement félicité le président élu.

Réactions internationales

Le secrétaire d’État américain Marco Rubio a exprimé sur X sa volonté de collaborer « en matière de sécurité » et pour « mettre fin à l’immigration clandestine vers les États-Unis ». Le président américain Donald Trump a également salué la victoire de De la Espriella sur son réseau Truth social, affirmant qu’il avait « gagné, et largement ! ».

Tensions internes

Les partisans de De la Espriella ont célébré dans les rues de plusieurs villes, arborant le maillot jaune de l’équipe nationale de football. Cependant, des manifestations ont également eu lieu, notamment à Cali, où des mécontents ont brûlé des drapeaux américains et affronté la police antiémeute. À Bogotá, des étudiants ont promis de nombreuses autres manifestations, contestando les résultats qui pourraient être remis en question par Ivan Cepeda, qui envisage de contester les résultats de 33 000 bureaux de vote.

Un avenir incertain

Abelardo de la Espriella a connu une ascension rapide, prônant une ligne dure contre le crime organisé dans un pays qui est le premier producteur de cocaïne au monde. Sa victoire est perçue comme une voie vers la prospérité et la sécurité, selon certains de ses partisans. Cependant, des experts mettent en garde que ses promesses d’offensive militaire pourraient plonger la Colombie dans une nouvelle spirale de violence.

Le futur président, qui ne dispose pas de majorité au Parlement, devra prendre en compte la forte polarisation de l’opinion et « reconnaître que la moitié du pays n’est pas d’accord » avec lui, selon des analystes.

Source : Le Progrès

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