À New York, la colocation en couvent, une solution atypique face à la crise du logement
Dans une ville où le logement est devenu un luxe, de plus en plus de New-Yorkais optent pour une solution inattendue : la colocation dans des couvents. Entre loyers abordables et règles de vie parfois strictes, ces hébergements particuliers attirent des profils variés et relancent le débat sur la crise du logement.
À New York, de nombreux habitants s’interrogent, en ce printemps 2026, sur la manière de se loger sans faire exploser leur budget. Une équation délicate, voire impossible, dans l’une des villes les plus chères du monde. Pourtant, certains ont trouvé un bon plan plutôt hors du commun : partager une colocation avec des religieuses.
Le phénomène est en plein essor, rapporte le Wall Street Journal. Une journaliste du quotidien s’est rendue dans plusieurs couvents new-yorkais, où les listes d’attente pour espérer obtenir une chambre peuvent atteindre six à huit mois. Une fois admis, les locataires rejoignent alors la vie de la communauté religieuse.
Il n’est, toutefois, pas nécessaire d’être croyant pour bénéficier de l’hospitalité des religieuses. En revanche, les tâches ménagères sont obligatoires : faire la vaisselle, nettoyer les parties communes ou encore cuisiner. Bref, donner un peu de son temps. Il s’agit d’une véritable colocation, mais avec des voisines de chambre différentes de l’ordinaire.
Selon les installations, les couvents peuvent accueillir entre six et quatre-vingt-dix locataires, et pas uniquement des femmes. L’article dresse ainsi le portrait de plusieurs résidents : de jeunes étudiantes, mais aussi un portier d’une soixantaine d’années n’ayant tout simplement pas les moyens de se loger ailleurs.
Il existe également des règles de vie à respecter, chaque congrégation étant libre de les fixer. Dans certains couvents, un couvre-feu est, par exemple, imposé à 23 heures ou minuit, l’alcool est interdit, les chambres font l’objet d’inspections régulières et les visiteurs ne sont pas autorisés. Ailleurs, un éventuel petit ami doit même être approuvé par une religieuse.
Au-delà de l’aspect communautaire, c’est surtout le prix qui séduit, dans une ville où le loyer médian atteint 3 600 dollars. Un argument de poids à New York, où les loyers restent environ 20 % plus élevés qu’avant la pandémie de Covid-19. Les couvents qui accueillent ces locataires proposent des loyers allant de 800 à 1 650 dollars par mois, selon la taille de la chambre. Un tarif qui inclut généralement l’ensemble des charges, comme internet ou l’électricité, ainsi que, bien souvent, les repas du matin et du soir. Une formule particulièrement avantageuse qui attire de plus en plus de candidats.
Cette tendance offre également une nouvelle source de revenus aux congrégations religieuses, elles aussi confrontées à la hausse du coût de la vie.
Le regain d’intérêt pour une solution qui existe depuis les années 1900 relance un débat plus large sur la question des loyers à New York. Depuis longtemps, les New-Yorkais les moins aisés signalent que le logement pèse de plus en plus lourd dans leurs dépenses. Aujourd’hui, plus de la moitié des habitants de la ville consacrent au moins 30 % de leurs revenus à se loger.
La gentrification en cours bouleverse également des quartiers autrefois accessibles aux familles, mais qui ne le sont plus. Le nouveau maire de la ville, Zohran Mamdani, a été élu sur un programme mettant le coût de la vie au cœur de ses priorités. Sa marge de manœuvre reste, toutefois, limitée par le marché et le cadre légal : seul un million d’appartements à New York sont soumis à un encadrement des loyers sur lequel il peut agir.
Source : The Wall Street Journal