Après la mort de 64 brebis dans la Drôme, la colère des éleveurs face à la multiplication des attaques de loups
Dans la nuit du 30 au 31 août dernier, à Bouvante, dans la Drôme, 64 brebis ont été tuées lors d’une attaque attribuée à une meute de loups, probablement la plus importante en plein air en France. Les incidents se multiplient, et les deux tiers du territoire sont désormais concernés.
Le troupeau de Frédéric Robert, éleveur à Bouvante, était protégé par deux patous et des filets électriques. Le 31 août au matin, l’éleveur effectue sa ronde quotidienne et apprend par un collègue qu’il a trouvé une dizaine de brebis mortes. « À ce moment-là, je ne suis pas sûr qu’il y ait eu un gros carnage. Il y a de fortes chances que les bêtes se soient planquées dans un coin », raconte-t-il. Cependant, il lui faudra trois jours pour mer l’ampleur des dégâts. Les brebis ont été traînées sur une distance de huit kilomètres, et il retrouve une à une leurs carcasses le long d’une piste. Le bilan est encore incertain, avec 64 brebis tuées sur un troupeau de 570 au départ.
La Direction départementale des territoires a enclenché la procédure d’indemnisation de l’éleveur, mais Nicolas Brun, le maire de Bouvante, exprime sa colère : « On n’a jamais eu autant d’attaques, ni autant de loups tués. Je ne sais pas jusqu’à quand ça va durer. C’est surréaliste. C’est honteux même. »
Le loup, qui avait disparu en France, est réapparu depuis 1992 et n’a cessé d’étendre son territoire, qui est passé de moins de dix à 60 départements en une dizaine d’années. Selon le ministère de l’Agriculture, il y a eu 4 441 attaques en 2025, soit 10 % de plus que l’année précédente. Près de 13 000 bêtes ont été tuées, principalement des ovins, représentant une hausse de 15 % sur un an. Cette augmentation est due à la croissance de la population de loups et à l’insuffisance des dispositifs de protection dans les zones récemment colonisées.
Dans l’Union européenne, en juin 2025, le loup a changé de statut, passant d’espèce « strictement protégée » à « protégée », permettant ainsi aux États membres de modifier leurs règles. La France autorise l’élimination de 227 loups par an pour réguler la population, un quota qui peut être reporté d’une année à l’autre. Désormais, les éleveurs peuvent tirer pour protéger leurs troupeaux sans autorisation préalable. La population de loups en France est estimée à un peu plus d’un millier d’individus.
Source : Franceinfo.

