À Bobigny, la 7e Conférence nationale du handicap (CNH) s’est ouverte sous le signe de l’accessibilité, entre applaudissements, attentes fortes et un vrai coup de colère.
« Ce n’est pas un bilan, c’est une honte. » La phrase de Michaël Jeremiasz a marqué la matinée de la 7e Conférence nationale du handicap, où l’impatience des personnes handicapées face aux résultats des politiques publiques a été mise en avant.
Tout avait pourtant été soigneusement orchestré.
Bobigny (Seine-Saint-Denis), le 4 septembre 2026, 9 heures passées de quelques minutes. 600 personnes sont réunies dans le grand hall multisport du Pôle de référence inclusif sportif métropolitain (Prisme), transformé pour l’occasion en un vaste plateau de débat. Les spectateurs, majoritairement présents, attendent l’entrée en scène de Théo Curin, nageur quadri-amputé et animateur télé, qui officie aux côtés de Virginie Dubost et Laetitia Bernard. Plus de 5 000 participants virtuels se sont également connectés à l’événement.
Un fil rouge : l’accessibilité
L’accessibilité a été présentée comme le « fil conducteur » de cette édition, selon Andréa Khoshkhou, déléguée interministérielle à l’accessibilité. Camille Gaillard-Minier, ministre déléguée en charge des Personnes handicapées, a souligné l’importance de faire converger la définition du handicap de la loi de 2005 avec celle de la convention des Nations Unies.
Une échéance en ligne de mire : les présidentielles
À quelques mois de la présidentielle, la pression monte. Jérémy Boroy, président du Conseil national consultatif des personnes handicapées (CNCPH), a insisté sur la nécessité de construire les politiques publiques avec les personnes handicapées.
Des sujets longtemps invisibles
Les tables-rondes thématiques ont abordé des sujets tels que l’école, l’emploi et l’accès aux soins, avec des témoignages de personnes concernées. Pour la première fois, un espace a été dédié à la vie intime et sexuelle des personnes handicapées.
L’État attendu au tournant
Isabelle Assih, maire de Quimper, a évoqué la nécessité d’un fonds dédié à l’accessibilité universelle, tandis que Luc Gateau, président de l’Unapei, a souligné que près d’un tiers des personnes handicapées ne peuvent accéder aux soins nécessaires.
« Ce n’est pas un bilan, c’est une honte »
Michaël Jeremiasz a exprimé sa colère face à la situation des personnes handicapées, appelant à faire du handicap une thématique centrale des politiques publiques. Son discours a suscité une forte réaction dans l’assemblée.
Le temps des actes
À sept mois de l’élection présidentielle, la CNH a mis l’accent sur la continuité des politiques du handicap, laissant ouverte la question de leur intégration dans les futures politiques publiques.
©Clotilde Costil
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