Clint Eastwood et son film « Breezy » : un échec au box-office qui a redéfini sa carrière
Bien avant de devenir l’un des réalisateurs les plus respectés d’Hollywood, Clint Eastwood s’est aventuré sur un terrain où personne ne l’attendait. Le public n’a pas suivi, mais ce revers allait indirectement changer le cours de sa carrière.
En 1973, Clint Eastwood est déjà solidement installé parmi les grandes figures du cinéma américain. Son film « L’Inspecteur Harry », sorti deux ans plus tôt, a renforcé son image de dur à cuire, tandis que les westerns continuent de contribuer à sa popularité. Cette année-là, il passe derrière la caméra pour deux projets radicalement différents : « L’Homme des hautes plaines », qui prolonge son association avec le western, et « Breezy », qui l’emmène sur le terrain de la romance.
« Breezy » raconte la rencontre entre deux personnages que tout semble opposer. Breezy, incarnée par Kay Lenz, est une jeune hippie d’une vingtaine d’années, tandis que Frank Harmon, joué par William Holden, est un homme de 55 ans, aisé, divorcé et habitué à vivre sans véritable attache. Malgré leur importante différence d’âge, une relation amoureuse se noue progressivement entre eux, un sujet qui tranche avec l’image habituelle d’Eastwood.
À sa sortie, le 16 novembre 1973 à Los Angeles, puis deux jours plus tard à New York, « Breezy » divise la critique. Certains observateurs le réduisent à une romance dite “May-December”, tandis que d’autres saluent la prise de risque d’Eastwood, qui choisit de délaisser les personnages virils pour raconter une histoire sentimentale.
Malheureusement, cette audace ne trouve pas son public. Le film génère environ 200 000 dollars de recettes aux États-Unis pour un budget estimé à 750 000 dollars, ce qui constitue un sérieux revers commercial. En outre, la Motion Picture Association of America attribue à « Breezy » une classification “R”, limitant l’accès à une partie du public ciblé par Eastwood.
Le réalisateur estime également que son distributeur, Universal, n’a pas suffisamment défendu « Breezy » au moment de sa sortie. Il déclare : “Le public a évité le film car il n’a pas bénéficié d’assez de publicité et a été vendu comme pas attrayant.” Cette déconvenue aura des conséquences importantes sur la suite de sa carrière, entraînant Eastwood à se tourner vers Warner Bros pour ses projets suivants.
En conclusion, le plus gros échec commercial de sa carrière a paradoxalement contribué à ouvrir l’un des chapitres les plus importants de sa filmographie. « Breezy » est aujourd’hui à redécouvrir sur SFR Play, ainsi qu’en DVD et Blu-ray.
Source : AlloCiné

