Politique. Clim’, fonds vert, adaptation : face à la canicule, l’écologie au cœur du débat

Clim’, fonds vert, adaptation : face à la canicule, l’écologie au cœur du débat

La chaleur décroît et le débat politique augmente. Après l’épisode de canicule intense que la France vient de vivre, inédit pour un mois de juin, vient le temps des réponses politiques. Les premières annonces concernant le nombre de décès dus à cette vague de chaleur extrême relancent le débat sur l’impréparation de l’État et sur la climatisation. La perspective de la présidentielle n’y est pas pour rien.

« Il faudra faire toute la lumière sur le bilan humain très lourd qui s’annonce pour déterminer les responsabilités politiques », affirme Marine Tondelier, patronne des Écologistes et candidate à la présidentielle. Elle rappelle que les écologistes alertent depuis longtemps sur le réchauffement climatique et critique « l’impréparation totale de nos gouvernants et le danger que cela représente ».

Le RN change de pied

Les Insoumis partagent une tonalité similaire. Clémence Guetté, en charge du programme de Jean-Luc Mélenchon, a qualifié de « catastrophe » la gestion de la canicule par le gouvernement, ce dimanche sur France 3.

À l’extrême droite, le Rassemblement national, rattrapé par ses déclarations climatosceptiques, tente d’inverser la tendance. Alors que Marine Le Pen dénonçait en 2023 la « vision alarmiste du Giec », les porte-parole du RN affirment désormais être d’accord avec le constat du Giec, mais pas avec toutes les solutions proposées.

Marine Le Pen se vante d’avoir été la première à demander un plan massif de climatisation, qui devrait être détaillé prochainement. Laurent Jacobelli, député de Moselle, a évoqué un coût estimé entre 20 et 30 milliards d’euros par an pour les premières années. « Nous sommes fondamentalement plus écologistes que les Verts », a affirmé le porte-parole du RN.

Bloc central fissuré

Face à ces critiques, le gouvernement se défend. Aurore Bergé, ministre déléguée chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes, rappelle que l’extrême droite s’est toujours opposée aux grands plans d’adaptation.

À dix mois du premier tour de la présidentielle, l’unanimité semble faire défaut au sein du bloc central. Le fonds vert, destiné à aider les collectivités à s’adapter au réchauffement climatique, a vu son budget fondre de 2,5 milliards d’euros à sa création à 800 millions d’euros en quelques années, suscitant de nombreuses critiques.

Élisabeth Borne, à l’initiative de ce projet lorsqu’elle était à Matignon, a exprimé des doutes sur la continuité de la planification écologique et énergétique. Le candidat Horizons, Édouard Philippe, souhaite doubler ce fonds vert, avec Christophe Béchu, ancien ministre de l’Écologie, comme directeur de campagne.

Source : L’Alsace

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