Depuis mai, la Suisse connaît des vagues de chaleur avec des températures dépassant régulièrement 30 degrés. Face à ces canicules répétées, de nombreuses personnes envisagent d’installer une climatisation fixe dans leur logement. Cependant, les réglementations varient selon les cantons, et des alternatives mobiles sont également disponibles.
La Commission européenne a récemment pris position sur le débat autour de la climatisation, relancé notamment en France. Bruxelles préconise une approche « globale » pour adapter les bâtiments et les villes au réchauffement climatique, en privilégiant des solutions passives telles que la création d’espaces verts, des protections solaires et une meilleure isolation des bâtiments. Toutefois, elle reconnaît que des solutions actives, comme la ventilation ou la climatisation, peuvent être nécessaires, appelant à une évaluation au cas par cas.
Pas de loi fédérale unique
En Suisse, il n’existe pas de loi fédérale unique régissant la climatisation. Son installation, en ce qui concerne les systèmes fixes, est strictement encadrée par des lois cantonales ainsi que par des normes énergétiques et environnementales.
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Genève, le canton le plus strict
Genève se distingue comme le canton le plus strict concernant la climatisation. L’installation d’une climatisation individuelle fixe y est interdite, sauf en cas de dérogation ou de certificat médical. En revanche, des climatiseurs mobiles, composés d’une seule unité sans caisson extérieur, peuvent être installés.
Marjorie de Chastonay, en charge de l’aménagement à Genève, estime qu’il est temps de réévaluer cette question. « La climatisation, ce n’est pas un tabou, mais ce n’est pas non plus une solution miracle », a-t-elle déclaré lors d’une interview. Elle préconise de privilégier des mes passives comme la ventilation nocturne ou l’installation de stores, tout en reconnaissant que ces solutions sont insuffisantes face à l’augmentation des vagues de chaleur. Elle suggère d’utiliser l’excédent d’énergie solaire pour alimenter les systèmes de climatisation dans les cas jugés nécessaires, notamment pour les personnes vulnérables.
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Dans le canton de Fribourg, il est exigé que l’énergie consommée par le climatiseur soit compensée par une production d’énergie renouvelable sur le même site. Au Neuchâtel, cette compensation doit atteindre 100% de la consommation électrique, avec valorisation des rejets de chaleur et des protections solaires requises. Pour le canton de Vaud, cette compensation est fixée à 50%.
Les cantons du Valais, du Jura et de Berne adoptent une approche plus tolérante, en imposant principalement des limites de consommation pour les climatiseurs fixes, reconnaissant ainsi l’importance de concilier confort et préservation de l’environnement.
Fabien Grenon