Climatisation au bureau : pourquoi les femmes ont toujours froid (et pas les hommes)
Lorsque l’été revient, de nombreux bureaux remettent en route la climatisation. Bien que le Code du travail n’oblige pas les employeurs à équiper leurs locaux, travailler dans une atmosphère tempérée est souvent perçu comme plus confortable. Cependant, pour une grande partie des salariées, cela signifie une lutte contre des températures jugées trop froides, alors que leurs collègues masculins semblent à l’aise.
Une étude menée par des chercheurs californiens et australiens, publiée le 8 décembre 2021 dans la revue Scientific Reports, révèle que les températures des espaces de travail ne sont pas adaptées aux femmes. Les normes thermiques en vigueur, basées sur le modèle PMV (Predicted Mean Vote), sont issues de standards internationaux obsolètes, intégrés dans la norme ISO 7730. Ces normes ont été établies dans les années 1960, sans prendre en compte les différences physiologiques entre les sexes.
Les résultats de l’étude montrent que 38 % des répondants se déclarent insatisfaits de la température de leur bureau, un chiffre presque deux fois supérieur au seuil de 20 % fixé par les normes. Parmi ces insatisfaits, près des deux tiers sont des femmes, et la probabilité de ressentir un inconfort thermique est 1,8 fois plus élevée pour elles que pour leurs collègues masculins.
Les normes thermiques, fondées sur le métabolisme d’un homme en costume-cravate, ne tiennent pas compte du fait que les femmes produisent moins de chaleur, nécessitant ainsi une température ambiante plus élevée. De plus, bien que les hommes portent généralement plus de vêtements, les différences de tenue ne suffisent pas à expliquer l’écart de confort thermique.
Cette inégalité a des répercussions sur la productivité au travail. En effet, 42 % des femmes estiment que la température nuit à leur capacité de travail, contre 27 % des hommes. Les chercheurs soulignent que le problème pourrait être résolu en ajustant simplement la température des bureaux, ce qui pourrait également permettre des économies d’énergie et une réduction de l’empreinte carbone.
En conclusion, les normes thermiques obsolètes et le biais de conception qui en découle pénalisent les femmes au bureau, impactant à la fois leur confort et leur productivité.
Source principale : étude publiée dans Scientific Reports (2021).
