On est sur une année record : la viticulture en Normandie en plein essor
Depuis 1995, lorsque le premier cep de vigne a été planté en Normandie, la viticulture a progressivement gagné du terrain. Aujourd’hui, les viticulteurs de la région aspirent à obtenir une indication géographique protégée (IGP), à l’instar des célèbres vins de Bourgogne et de Bordeaux.
Les vendanges ont commencé dès le 20 août, soit trois à quatre semaines plus tôt que d’habitude, une situation inédite sur les coteaux du pays d’Auge, du Cotentin et de l’Eure. Maxime Gazeau, animateur du syndicat des viticulteurs normands, souligne qu’une « barrière psychologique » empêchait historiquement la culture de la vigne au nord de la Loire. Cette barrière est désormais dépassée, avec des succès notables de producteurs dans les Hauts-de-France et en Bretagne.
L’évolution climatique a pris de court les viticulteurs, qui ne s’attendaient pas à de telles modifications si précoces. Les journées encore chaudes au moment des récoltes compliquent les opérations. Aux Arpents du soleil, Etienne Fournet témoigne : « Le raisin et le jus rentrent chauds, mais je n’ai pas de moyens considérables pour les refroidir. »
Le climat sec et chaud de ce printemps et été influence également le taux de sucre des raisins. Un cépage comme l’auxerrois, par exemple, a commencé à fermenter prématurément, affectant ainsi la qualité des récoltes. Les variations de poids des grappes, allant de 250 à 700 grammes, illustrent les impacts concrets sur les rendements.
Malgré ces défis, les grains de raisin sont riches en sucre, promettant un millésime de qualité. Maxime Gazeau estime que « ce vin sera intéressant à déguster. » L’objectif des viticulteurs normands est de développer une identité propre, sans chercher à rivaliser avec des appellations établies comme Bordeaux ou Bourgogne.
Actuellement, le vignoble normand ne couvre que 75 hectares, un chiffre modeste comparé aux 470 000 hectares de blé cultivés dans la région. Les sols variés de Normandie posent un défi supplémentaire pour la création d’un vin « type ».
Les années à venir apporteront leur lot de défis, notamment en raison des variations climatiques. Cependant, selon Maxime Gazeau, la base est solide : « On a déjà des productions saines et des terroirs de qualité pour sortir des vins qualitatifs. »
Pour juger des spécificités du cru 2026, il faudra patienter trois à quatre ans.
Source : France Télévisions

