Une expérience inquiétante sur la sécurité des objets connectés
Un chercheur en sécurité, Chaz Schlarp, a récemment réalisé une expérience alarmante en utilisant un agent d’intelligence artificielle, Claude Opus 5, pour prendre le contrôle de cinq périphériques du quotidien, allant de la webcam à la lampe connectée. Cet article, intitulé « Everything I own, owned », évoque les implications de cette expérimentation sur la sécurité des objets connectés.
Dans son article publié le 23 août 2026, Schlarp explique avoir confié à l’IA la tâche de rétro-ingénierie, consistant à analyser les firmwares et les mécanismes de mise à jour des appareils présents sur son bureau, à savoir une webcam, un moniteur, un microphone, une carte d’acquisition vidéo et une lampe Wi-Fi.
La méthode employée
La méthode de rétro-ingénierie utilisée par Schlarp a été similaire pour chaque appareil. L’IA a récupéré le firmware et l’outil de mise à jour du fabricant, puis a été chargée d’analyser les protocoles de mise à jour, d’identifier les fonctions cachées et d’examiner les protections de sécurité. Environ 13 heures de travail effectif ont été nécessaires, accompagnées de 98 messages échangés entre le chercheur et l’agent sur une période de deux semaines.
Résultats préoccupants
Les résultats de l’expérience sont inquiétants. Parmi les découvertes notables :
- Webcam Insta360 Link : l’agent a réussi à désactiver le voyant lumineux d’enregistrement en modifiant le firmware.
- Micro Shure MV7 : un shell de commandes en clair a été découvert, permettant un accès direct au contrôle des LED et à des opérations de lecture et d’écriture mémoire.
- Moniteur ASUS ROG Swift PG42UQ : le mécanisme de mise à jour a révélé des failles, permettant une modification sans contrainte cryptographique.
- Carte d’acquisition Elgato Cam Link 4K : aucune protection notable n’a été identifiée sur la chaîne de mise à jour.
- Lampe Elgato Key Light Mini : bien que ce périphérique vérifie cryptographiquement les mises à jour, cette vérification ne s’applique qu’à la mise à jour, laissant des failles exploitables.
Implications pour la sécurité
Schlarp conclut que cette expérience soulève des préoccupations majeures. Il estime que tout périphérique connecté à un ordinateur pourrait potentiellement être infecté par un logiciel malveillant, un scénario qui, auparavant, nécessitait des compétences et des ressources considérables, souvent réservées à des acteurs étatiques.
Il souligne également que, bien que l’intelligence artificielle puisse faciliter des aspects positifs tels que l’interopérabilité et la réparabilité des appareils, elle rend également l’analyse de dispositifs jusqu’alors difficiles d’accès beaucoup plus accessible, augmentant ainsi le risque d’exploitation malveillante.
Cette étude met en lumière la nécessité d’une vigilance accrue en matière de sécurité des objets connectés, alors que l’IA continue de transformer la manière dont nous interagissons avec la technologie.
Source : Chaz Schlarp



