Claude Ar’Muna : l’artiste qui brouille les évidences à Libreville
Claude Ar’Muna, jeune artiste gabonais, a récemment présenté son exposition intitulée «Luminart Act» à Libreville, marquant une véritable entrée en scène dans le monde de l’art contemporain. À travers sa série «Au-delà du voile», il explore des thèmes tels que l’abstraction, la féminité, la spiritualité et la mémoire bantoue, créant un univers artistique où chaque toile révèle autant qu’elle dissimule.
Né Claude Emmanuel Ndong Mebale, l’artiste a choisi de se rebaptiser pour mieux refléter son approche créative. Son nom, Claude Ar’Muna, combine le mot «art» et son surnom familial, Manu. Cette transformation symbolise sa volonté de revisiter le familier et d’inciter à un nouveau regard sur ses œuvres.
Le parcours artistique de Claude Ar’Muna a pris un tournant significatif entre 2018 et 2019, lorsqu’il découvre le livre Du spirituel dans l’art de Wassily Kandinsky. Cette lecture lui révèle que l’abstraction peut être un moyen de donner forme à l’invisible, une notion qui l’inspire à développer sa propre approche abstraite. En 2023, il commence à travailler avec des supports variés tels que la crétonne et le bois, découvrant les défis techniques de la peinture par rapport au dessin.
Le vernissage de son exposition «Luminart Act» le 9 août 2026 a été conçu comme une expérience immersive, loin des traditionnels déplacements entre les toiles. Le fil conducteur de l’exposition, «Au-delà du voile», traite de la féminité et de l’invisible, en affirmant que «moins on comprend, mieux c’est», un principe qui pourrait servir de manifeste pour son travail.
Claude Ar’Muna ancre ses œuvres dans une riche symbolique, puisant dans son enfance passée au village et dans les traditions bantoues. Il évoque des thèmes tels que les initiations et les protections, créant ainsi un dialogue entre son héritage culturel et ses aspirations artistiques.
Parmi ses œuvres, «La Dame aux mille rêves» est particulièrement significative. Elle représente une femme tenant de l’or, symbolisant le potentiel et la puissance, tandis que le voile représente les obstacles à son expression. L’artiste invite le spectateur à déchiffrer les signes qu’il dissémine autour de ses toiles, soulignant que l’art est souvent plus une énigme qu’une réponse.
Cependant, Claude Ar’Muna fait face à un défi majeur : la reconnaissance de l’art au Gabon. Il souligne que la perception selon laquelle «l’art ne paye pas ici» affecte la valorisation des artistes locaux et leurs vocations. Malgré cela, il nourrit l’ambition de s’imposer sur le marché de l’art, en visant à promouvoir le «conceptuel africain» au-delà des frontières.
En conclusion, Claude Ar’Muna s’efforce de transcender les barrières entre talent et métier, entre création locale et marché international. Son exposition à Libreville n’est qu’un premier pas vers un objectif plus vaste : faire en sorte que son nom et ses œuvres résonnent bien au-delà des frontières gabonaises.
Source : Gabonreview.com



