Claire Oppert : La musique comme soin en fin de vie
Dans son ouvrage intitulé Le Pansement Schubert (éditions Denoël, 2020), Claire Oppert raconte ses expériences avec des patients en fin de vie, pour qui la musique de son violoncelle a offert une pause au milieu de leur parcours de soin. Cette approche illustre l’alliance entre musique et soins, apportant réconfort et apaisement.
Le concept du « pansement Schubert »
Claire Oppert décrit le « pansement Schubert » comme une intervention musicale qui permet de détourner l’attention des patients de leur douleur. En 2012, lors d’une visite dans un Ehpad à Paris, elle a joué l’Andante de Schubert pour une résidente en détresse. Ce moment a été déterminant, car la musique a permis à la patiente de se détendre, facilitant ainsi le soin. Ce phénomène a été qualifié par une infirmière de « pansement Schubert », une expression qui est devenue emblématique de l’impact de la musique dans les soins palliatifs.
Étude sur l’impact de la musique
Oppert a participé à une étude clinique à l’hôpital Sainte-Périne à Paris, dirigée par le Dr Jean-Marie Gomas, pour évaluer l’impact du violoncelle sur la douleur des patients. Pendant cinq ans, l’étude a comparé des séances avec et sans musique. Les résultats ont montré une diminution de la douleur ressentie par les patients allant de 10 à 50 % lorsque le violoncelle était présent durant les soins.
L’importance de la musique en soins palliatifs
Selon Claire Oppert, la musique joue un rôle crucial en soins palliatifs car elle permet de créer une communication non verbale entre le patient et son entourage. Les familles, souvent sceptiques quant à l’impact de la musique sur des patients considérés comme inanimés, réalisent que celle-ci peut susciter des réactions émotionnelles, comme des larmes ou une respiration amplifiée. Cela aide à retisser les liens entre les patients et leurs proches, dans un contexte où l’horizon n’est plus la guérison, mais le soin.
Conclusion
L’approche de Claire Oppert illustre comment la musique, en tant que complément thérapeutique, peut transformer l’expérience des soins en fin de vie. En touchant des aspects intacts de la personne, indépendamment de la maladie, elle contribue à créer un environnement plus apaisant pour les patients et leurs familles.
Source : Claire Oppert, Le Pansement Schubert, éditions Denoël, 2020.



